DJERBA – la douceur à la tunisienne

🇹🇳 TUNISIEvoyage réalisé en décembre 2024

Après un premier voyage en Tunisie en 2016, j’y suis retourné fin 2024 sur un coup de tête, pour découvrir l’île de Djerba.

Surnommée « la douce », Djerba est certes surtout connue pour son soleil toute l’année et ses clubs hôteliers, mais on aurait tort de la réduire à ça. Tout au sud du pays, elle offre une culture unique à découvrir et un dépaysement réel pour qui en prend le temps.

ERRIADH

C’est à Erriadh, village de l’intérieur de l’île, que je loge pendant ces quelques jours. Depuis quelques années, les murs de ses rues ont été recouverts de fresques par divers street-artistes dans le cadre du projet Djerbahood, lui donnant un attrait indéniable.

DJERBAHOOD
musiciens issaouis
fennecs
Samia Orosemane, humoriste originaire de Djerba

Beaucoup de touristes viennent en excursion à la journée pour se perdre dans les ruelles tranquilles du village. Le soir venu, il est en revanche quasiment désert.

Erriadh est aussi connue comme la Hara Sghira, le « petit quartier juif » de Djerba.

Hara Sghira

À dix minutes du centre, je pars visiter la synagogue de la Ghriba, l’un des lieux les plus saints pour les Juifs originaires de toute la Tunisie.

Les légendes locales racontent que cette synagogue a été érigée dès l’Antiquité, autour d’une pierre ramenée du temple de Jérusalem détruit.

intérieur de la Ghriba

Chaque année au printemps, elle fait l’objet d’un pèlerinage important. À l’intérieur, on se déchausse et les femmes doivent se couvrir les cheveux. Généralement les touristes sont incités à faire un don, parfois de façon assez insistante.

Malheureusement, la Ghriba a été plusieurs fois été touchée par des attaques terroristes, notamment en 1985, 2002 et plus récemment en 2023 quand un membre des forces de sécurité a ouvert le feu sur ses collègues et des fidèles, tuant 5 personnes. Lors de ma visite, les différents calendriers à l’intérieur de la synagogue étaient encore figés à cette triste date.

HOUMT SOUK

Houmt Souk est la « capitale » et la plus grande ville de Djerba, la plus animée aussi.

Comme son nom l’indique, c’est ici que se trouve le principal souk de l’île.

Même si le souk n’est pas très grand, le charme est présent. Contrairement à d’autres endroits, les vendeurs de souvenirs divers ne se montrent pas trop insistants.

Autour du souk, les ruelles blanches sont bien plus calmes et offre quelques exemples d’architecture traditionnelle djerbienne, comme la mosquée du Sheikh (qu’on ne visite pas).

femme en tenue djerbienne traditionnelle
mosquée du Sheikh

Près du souk se trouve aussi la criée de l’Office national des pêches, où les prises du jours sont vendues toute la matinée aux restaurateurs comme aux particuliers.

À une dizaine de minutes du centre animé, je rejoins la forteresse Ghazi Mustafa. Le long de la mer, elle protégeait l’île à l’époque où les menaces d’invasions étaient permanentes.

Les ruines s’explorent assez librement. Une petite salle à la gauche de l’entrée revient sur l’histoire du lieu, assez bien expliquée.

Non loin, je vais vers le musée du patrimoine traditionnel de Djerba. Plutôt intéressant aussi, mais si vous devez ne visiter qu’un musée de l’île mieux vaut opter pour celui de Guellala.

À la sortie de Houmt Souk, je fais également un tour à Hara Kbira, l’autre quartier juif de Djerba, qui donne idée de la vie des communautés juives présentent dans tout le Maghreb jusqu’à la deuxième moitié du XXe siècle.

bijouterie à Houmt Souk

Aujourd’hui quelques centaines de juifs vivent encore à Djerba, soit une des rares communautés du monde arabe encore vivantes. La grande majorité des bijoutiers de Houmt Souk sont des juifs de Hara Kbira.

GUELLALA

Le jour suivant, je pars visiter le village de Guellala, situé sur la côte sud de l’île et surtout connu pour être le principal village de potiers de Djerba. Les boutiques étalent leur marchandises sur les trottoirs à destination des curieux.

Guellala est également un des derniers endroits de Djerba, voire de tout le pays, où l’on parle encore berbère. Contrairement aux autres pays du Maghreb, cette langue n’est parlé en Tunisie que dans quelques villages djerbiens ou du sud du pays.

L’île ayant longtemps été isolée, la langue n’est pas sa seule particularité. Les Djerbiens ont développés une culture riche et unique, que je pars découvrir au musée ethnographique de Guellala, le deuxième grand musée de l’île.

À quelques pas du centre, ce musée hyper complet est un incontournable si on s’intéresse à la culture de l’île. Au travers de ses mannequins, il fait vivre les nombreuses traditions uniques des Djerbiens.

le passage au-dessus des poissons
guérisseur traditionnel

Parmi ces traditions, plusieurs ont trait à la fertilité. Par exemple, une jeune mariée doit, le troisième jour suivant son mariage, sauter au-dessus d’un bac de poissons, symbole de fécondité par excellence.

En sortant du musée, je décide de rejoindre à pied le village de Sedouikech, situé à une petite heure de marche, le long d’une route bordée d’oliviers. Pas la randonnée du siècle mais ça fait toujours du bien.

CÔTÉ PRATIQUE

🛬 Arriver à Djerba

L’aéroport de Djerba-Zarzis (DJE) est desservi par de nombreux vols réguliers depuis l’Europe, notamment low-costs. Plus de détails dans le récap’ Tunisie à venir.

🚏 Se déplacer à Djerba

Les taxis sont très présents sur l’île, et les distances relativement courtes rendent les déplacements faciles. Ils sont tous équipés d’un compteur, qu’ils mettent systématiquement, ce qui évite bien des tracas. Les prix sont très abordables : compter entre 5 et 10 dinars (2-3 €) pour un trajet entre deux village.

Il existe aussi un réseau de bus, centré sur Houmt Souk, mais difficile à appréhender pour un touriste. Je n’ai pas testé.

🛏️ Où dormir ?

Les gros complexes hôteliers qui ont fait la réputation de l’île sont concentrés sur la côte nord-est, entre Houmt Souk et Midoun, que j’ai pris soin d’éviter. De toutes façons, le mois de décembre n’est pas exactement propice à la baignade !

De mon côté, je loge dans un guesthouse à Erriadh, Dar Lily, très agréable et tranquille en cette saison.

🍴 Où manger ?

Habib Morshid

📍 Houmt Souk

Ce restaurant propose de faire griller directement son poisson acheté à la criée toute proche. Simple et déliceux, surtout en « complet » avec frites et testira.

Warda

📍 Erriadh

Au centre d’Erriadh, ce restaurant offre tous les classiques de la cuisine tunisienne sur le pouce : bricks, fricassés ou keftas, simple et efficace !

Ces quelques jours à Djerba m’auront fait énormément de bien. Même si je n’ai découvert qu’une petite partie de l’île, j’ai beaucoup la découvrir et, comme souvent, j’ai déjà hâte de revenir.

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