
🇬🇧 ROYAUME-UNI | 🇬🇮 Gibraltar – voyage réalisé en mai 2026
J’ai profité de mon itinéraire en Andalousie pour faire un petit détour par Gibraltar. Territoire britannique stratégique sur la Méditerranée et contrôlant l’accès au détroit du même nom, ce petit bout du Royaume-Uni offre un mélange assez improbable de patrimoine militaire, de culture british et de macaques en liberté.
DANS CET ARTICLE
PASSER LA FRONTIÈRE
Parti de Malaga, le bus égrène les localités de la Costa del Sol : Torremolinos, Marbella, Estepona… Au bout de deux bonnes heures, on arrive finalement à La Línea de la Concepción, la ville espagnole adossée à Gibraltar et surplombée par son fameux rocher. De la gare routière, le terminal frontalier est à moins de cinq minutes de marche.

Le passage de la frontière s’effectue en quelques instants. Pas trop de monde, un simple contrôle visuel du passeport et me voilà officiellement à Gibraltar et donc au Royaume-Uni. L’espagnol est remplacé par l’anglais, les euros cèdent leur place aux livres sterling et l’Union Jack flotte au vent.
Je me retrouve sur l’avenue Winston Churchill, mais une autre barrière me sépare encore de la ville : la piste de l’aéroport international de Gibraltar, qui coupe littéralement la route en deux. Heureusement, l’aéroport n’accueille que quelques vols quotidiens depuis et vers la mère patrie. Le reste du temps, les piétons traversent la piste tout à fait normalement.

C’est bien la première fois que je me balade sur une piste d’atterrissage ! Juste après m’être engagé sur la traversée, les sirènes commencent à retentir. Un vol easyJet se prépare à décoller pour Londres. Les derniers piétons sur la piste sont priés de laisser la place. Même si l’avion ne va évidemment pas partir tout de suite, je presse quand même le pas !

Une fois de l’autre côté, il me reste une dernière étape avant de pénétrer pour de bon dans Gibraltar : franchir le Landport. Vestige des fortifications qui protégeaient Gibraltar, cette petite ouverture marque encore aujourd’hui l’entrée principale en ville pour les piétons.

Toute cette traversée semble compter beaucoup d’étapes mais en réalité, cela ne prend que quelques minutes à pied pour rejoindre le centre-ville depuis la frontière. C’est parti pour la découverte de Gibraltar !
SUR LE ROCHER
Je laisse pour le moment de côté la ville et me dirige vers le Rocher, symbole qui domine le territoire. C’est l’incontournable touristique de Gibraltar : entre patrimoine historique, grotte imposante et bien sûr les célèbres singes !

C’est aussi ce rocher qui a donné son nom au territoire. En 711, Tariq ibn Ziyad débarque ici depuis l’Afrique du Nord. C’est le début de la conquête musulmane de l’Espagne et donc de la période d’Al-Andalous. Le rocher prend alors le nom de « montagne de Tariq », jebel Tariq (جبل طارق) en arabe, ce qui donnera Gibraltar des siècles plus tard.
C’est parti pour randonner sur les pentes du rocher. En temps normal, on peut aussi prendre un téléphérique pour rallier le sommet mais il était en réhabilitation lors de ma visite. La balade est moyennement agréable. Beaucoup de sections se déroulent sur le goudron sillonné en permanence par des dizaines de minibus touristiques, m’obligeant à me rabattre sur le côté en permanence.

Autre mauvaise surprise : l’accès au rocher coûte assez cher. 30 £ soit 35 € pour pouvoir randonner et visiter les différents sites. Est-ce que ça vaut son prix ? Je ne suis pas venu jusqu’ici pour faire demi-tour mais concrètement, cela reste quand même largement excessif.
De nombreuses batteries d’artillerie désaffectées parsèment le Rocher. De la défense face aux tentatives espagnoles de récupérer le territoire depuis le XVIIIe au rôle stratégique qu’il a joué lors de la Seconde guerre mondiale, l’histoire militaire est omniprésente à Gibraltar.

Je ne mets pas longtemps à apercevoir mes premiers singes. La colonie de macaques de Barbarie qui réside sur les pentes du rocher fait partie des images les plus connues de Gibraltar. Amené il y a plusieurs siècles d’Afrique du Nord, leur territoire d’origine, ces primates se sont parfaitement acclimatés. Ils forment le seul groupe de primates sauvages vivant en Europe.

Pour des singes, je les trouve plutôt calmes. Influence du flegme british sans doute ! Une légende locale affirme que tant que des singes vivent à Gibraltar, le territoire restera britannique. On comprend qu’ils soient choyés par les autorités locales. Les macaques sont particulièrement nombreux du côté d’Apes Den, qui sert de plateforme de nourrissage.

En prenant de la hauteur, la vue se dégage sur la ville et la baie, où mouillent des dizaines de cargos. En face, le port d’Algésiras est l’un des principaux d’Espagne. J’aperçois aussi quelques ferrys qui effectuent plusieurs fois par jour la traversée vers le Maroc.


J’arrive ensuite à l’autre site majeur du rocher : St. Michael’s Cave ou la grotte Saint-Michel en bon français. Sous le rocher se cache un immense réseau souterrain dont elle n’est qu’une petite partie. Durant l’Antiquité, on croyait même que ces grottes s’étendaient jusqu’en Afrique.

Cette grotte doit son nom à une formation de stalactites, semblant dessiner les ailes d’un ange. Les jeux de lumières installés permettent de la mettre en valeur.


J’approche du sommet et le temps se gâte. Un petit tour rapide sur le Skywalk, une plateforme de verre assez peu impressionnante et je poursuis ma route.

Avant de quitter le rocher, je jette un œil aux World War II Tunnels, les tunnels de la Seconde guerre mondiale. L’importance stratégique de Gibraltar et les bombardements réguliers subis ont notamment conduit les autorités britanniques à évacuer temporairement la totalité de la population civile.

Beaucoup de choses à découvrir sur ce fameux rocher donc ! De mon côté, j’ai fini de me dégourdir les jambes sur ses pentes, il est temps de redescendre en ville.

LA VILLE DE GIBRALTAR
Après un déjeuner de fish and chips, obviously my dear !, je me balade dans les rues du centre de Gibraltar. Radicalement différente de ce qu’on peut voir en Espagne sans être non plus purement britannique, la ville a développé son propre style bien à elle.

En tendant l’oreille dans la rue, j’entends quelques conversations mêlant anglais et espagnol, souvent dans la même phrase. Beaucoup d’habitants parlent en effet llanito, un créole issu du contact prolongé entre les deux langues, unique à Gibraltar. Couverts de fleurs mauve vif en cette saison, les jacarandas me rappellent aussi que l’Andalousie est toujours proche.



Le long de Main Street, l’avenue principale, s’enchaînent les magasins de vêtements et les pubs. Pas forcément très intéressant pour être honnête. Je fais également l’impasse sur le musée de Gibraltar, budget oblige.
C’est l’heure de reprendre le chemin de la frontière. Je suis assez mitigé sur ma visite de Gibraltar. D’un côté, c’est une curiosité géopolitique et un endroit unique en Europe, avec son héritage britannique en Méditerranée et ses singes facétieux. De l’autre, la ville présente peu d’intérêt et on en fait vite le tour. Une étape sympathique donc, sans être un détour incontournable si vous préparez votre itinéraire en Andalousie.
CÔTÉ PRATIQUE
🚌 Rejoindre Gibraltar
Depuis l’Andalousie, il faut se rendre à La Línea de la Concepción, la ville espagnole frontalière.
🚏 Se déplacer dans Gibraltar
Un réseau de bus sillonne le territoire mais honnêtement tout peut se faire sans souci à pied.
🍴 Où manger ?
Clippers, pour déguster un authentique fish and chips dans un cadre maritime.

Je repasse côté espagnol pour poursuivre mon voyage vers Tarifa, non loin de là. Petite ville côtière charmante sur le détroit, réputée pour le kitesurf et l’observation des cétacés dans ses eaux, elle offre aussi de splendides vues sur la côte marocaine.




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