TARIFA – face au détroit de Gibraltar

🇪🇸 ESPAGNEvoyage réalisé en mai 2026

Je conclus mon voyage en Andalousie à Tarifa, face au détroit de Gibraltar. Cette station balnéaire tranquille se situe au point le plus au sud de l’Europe, là où se termine le continent. Perpétuellement battue par les vents et les courants, elle offre un cadre de choix aux surfeurs, aux kitesurfeurs et aux cétacés qui viennent croiser dans ses eaux. Pour moi, il s’agit aussi de ma dernière étape espagnole avant de passer le détroit.

En arrivant à Tarifa, je pars me balader dans sa vieille ville toute blanche. On est encore en Europe mais, à l’intérieur de ses murailles préservées, elle évoque déjà furieusement une médina nord-africaine.

Il est très agréable de s’y balader. Bien que Tarifa soit une station balnéaire, elle est moins affectée par le tourisme ultra-massifié que le reste de la côte andalouse. On reste beaucoup plus à taille humaine.

Dans la vieille ville, le Mirador del Estrecho offre la meilleure vue sur le détroit et le continent africain. C’est en fin de journée que la luminosité est la meilleure pour admirer le panorama. À cette heure, la pointe nord du Maroc se découpe parfaitement, de Ceuta au cap Spartel.

la côte marocaine vue depuis Tarifa

J’y repasse régulièrement pour m’imprégner de cette vue. Si proche en apparence, la côte africaine me fait rêver à tout ce qu’il me reste à découvrir sur ce vaste continent. Bref, un lieu parfait pour inciter à de futures aventures.

Autre lieu à ne pas manquer dans la vieille ville : le castillo de Guzmán El Bueno, château qui domine la ville. Une visite très intéressante pour se plonger dans l’histoire médiévale de Tarifa, tout en profitant encore de magnifiques vues sur le détroit.

sur les remparts du château

Le château porte le nom d’Alonso Pérez de Guzmán, devenu célèbre lors du siège de Tarifa en 1294. Alors qu’il défend la ville, les assaillants capturent son fils et menacent de l’exécuter s’il refusait de se rendre. On dit que Guzmán aurait préféré leur jeter son propre poignard pour sacrifier son fils plutôt que d’ouvrir les portes du château.

Juste attenant à la vieille ville, le port semble toujours animé. S’y croisent les pêcheurs, les excursionnistes partant observer les cétacés et les familles rentrant au pays, prêtes à embarquer sur les ferrys qui relient chaque jour l’Espagne au Maroc.

en partance pour le Maroc

Derrière le port, je passe du côté de l’île de Tarifa, qui n’en est d’ailleurs pas vraiment une. Une fine péninsule la relie à la terre ferme. C’est ici que se rencontrent à droite l’Atlantique et à gauche la Méditerranée. Aussi là trouve le point le plus au sud du continent européen. Seule la péninsule est accessible aux touristes ; la forteresse de l’île reste fermée aux visites.

entre Méditerranée et Atlantique

Au-delà de l’île s’étend l’immense plage de Tarifa. Plutôt que des baigneurs, elle est surtout prisée des amateurs de surf et de kite-surf, qui y trouvent des conditions idéales. Ces derniers enchaînent les figures acrobatiques impressionnantes à toute heure de la journée.

Mis à part le kite-surf, l’observation des cétacés est l’autre activité phare de Tarifa. De nombreuses espèces croisent toute l’année dans le détroit de Gibraltar.

On embarque à bord du Jackelin et on quitte le port pour filer vers les eaux du détroit de Gibraltar. À côté des nombreux porte-conteneurs qui y naviguent, notre bateau fait pâle figure.

porte-conteneur face au djebel Musa, côté marocain

Il ne nous faut pas bien longtemps pour tomber sur nos premiers animaux. Un petit banc de globicéphales communs (« pilot whales ») tourne autour du bateau. Ces cétacés, plus massifs que les dauphins, font partie des espèces résidentes entre les côtes espagnoles et marocaines.

globicéphale
dauphins

En saison (juillet-août), des bancs d’orques croisent dans le détroit. Mais en cette fin mai, elles ne sont pas encore présentes. En revanche, on aperçoit facilement des dauphins de deux espèces différentes : grands dauphins et dauphins communs. Avant de regagner le port, la mer nous offre une dernière observation : un énorme poisson-lune ou mola-mola flottant à la surface. Pas pu prendre de photo correcte.

J’ai beaucoup apprécié mon séjour à Tarifa. Après dix jours à enchaîner les visites culturelles et les grandes villes andalouses, cela fait du bien de se poser et de passer quelques jours plus calmes. Malgré son caractère touristique, la foule n’est pas étouffante comme ailleurs en Espagne et la ville reste très agréable.

🚌 Rejoindre Tarifa

Des bus relient plusieurs fois par jour Tarifa à Cadix (1h30) et à Algésiras (45 mn), d’où on peut rejoindre Gibraltar et Malága. La gare routière se situe à un quart d’heure de marche de la vieille ville et du port.

🍴 Où manger ?

El Lola, bar pas cher et animé dans la vieille ville. Les tapas de atún, thon rouge extra-frais, sont à ne pas manquer !

⛴️ Rejoindre le Maroc

Tarifa est la meilleure option pour prendre le bateau de l’Espagne au Maroc. Sa voisine Algésiras concentre la majorité des traversées mais les ferrys accostent au port de Tanger Med, à une cinquantaine de kilomètres de la ville. Alors que depuis Tarifa, les ferrys rallient Tanger-Ville et déposent les voyageurs juste au pied des murs de la médina. Bien plus pratique !

ferry AML au départ vers Tanger

Deux compagnies assurent les traversées : Balearia et Africa Morocco Link (AML), par qui je suis passé. On peut acheter les billets directement sur leur site. La date et l’horaire sélectionnés sont totalement flexibles. Il faut se rendre au port une heure avant le départ du ferry souhaité pour échanger son voucher PDF contre un billet en bonne et due forme.

Après avoir passé trois jours à scruter attentivement la côte marocaine, il est temps de conclure en toute logique ce voyage de l’autre côté du détroit. J’embarque dans un ferry direction Tanger, là où commence le Maroc !

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