TASHKENT – bienvenue en Asie centrale

Un hybride improbable. Une cité soviétique dans les règles de l’art mais saupoudrée d’une touche différente, parfois persane, parfois turque. Voilà mon impression sur la capitale ouzbèke, première étape de mon voyage dans ce pays.

Tashkent ne brille pas vraiment par sa beauté, bien qu’on puisse y admirer ses premières mosquées et madrasas à dôme turquoise. Quasiment rasée en 1966 par un séisme, les Soviétiques l’ont reconstruite dans l’optique d’en faire leur cité-modèle en Asie centrale. Après l’indépendance du pays, c’est le président Islam Karimov qui en a fait la vitrine de la modernité de son pays. Peu de place à l’authenticité ou aux vieilles pierres donc, mais une étape centrale pour comprendre l’Ouzbékistan d’aujourd’hui.

LA PLACE AMIR TEMUR ET LE CENTRE-VILLE

Premier endroit où je me rends, la place Amir Temur. Amir Temur, on le connaît mieux en français sous le nom de Tamerlan. Descendant du terrible Gengis Khan, il a mis à feu et à sang l’Asie centrale et le Moyen-Orient, et était réputé pour installer des tours de crânes à la sortie des villes conquises pour effrayer les survivants. Un personnage tout à fait charmant donc. Pour bâtir une identité nationale après 1991 dans ce qui était auparavant une pure création soviétique, le nouveau président ouzbek Islam Karimov a fort naturellement choisi cet autre grand humaniste comme lui en tant que symbole du pays et de son identité.

Située au cœur de Tashkent, la place Amir Temur, au centre de laquelle trône une statue du conquérant, est bordée de différents édifices plus ou moins officiels : l’hôtel Uzbekistan, création soviétique par excellence avec son architecture massive, une université, le pompeux « Palais des forums internationaux » issu de la mégalomanie de Karimov, etc…

Boisée, la place en elle-même est plutôt agréable. Ses environs s’animent surtout en fin d’après-midi, quand les habitants de Tashkent viennent s’y promener.

Le musée Amir Temur, tout en marbre et en dorures à l’intérieur, mérite clairement la visite. Pas tant pour ce qu’on y apprend sur Tamerlan mais surtout pour ce qu’on y apprend sur le culte qui lui est rendu aujourd’hui en Ouzbékistan.

À proximité, on trouve la place de l’Indépendance, inaccessible pendant ma visite, probablement en raison des sites officiels qui l’entourent (Sénat, ministères), décorée de cigognes volant au-dessus d’un globe terrestre figurant un Ouzbékistan surdimensionné.

AUTOUR DE LA VIEILLE VILLE

métro : Chorsu / Чорсу

Je poursuis ensuite vers l’un des sites les plus visités de la ville : le bazar Tchorsou. Ce dôme de béton, à l’entrée de la veille ville de Tashkent est l’un des plus importants marchés alimentaires du pays.

On peut y acheter tout un tas de spécialités, plus ou moins appétissantes : paniers de fruits secs joliment disposés, pains de diverses formes et tailles, billes de fromage séché hyper salées, viande de cheval … C’est au choix du client.

Juste à proximité, la madrasa Koukeldash, l’un des rares vestiges historiques de Tashkent, datant du XVIe siècle. Elle reprend les principaux éléments architecturaux que je vais retrouver ensuite dans tout l’Ouzbékistan et qui rappellent fortement l’Iran, notamment l’iwan (porche à arc brisé) monumental à l’entrée. Une madrasa c’est quoi au fait ? Là où les étudiants venaient se former aux sciences religieuses musulmanes, une sorte d’université théologique avant l’heure.

On trouve ensuite la « vieille ville », un mahalla (quartier) traditionnel ouzbek. Pas bien grande ni très belle en soi, elle est bien plus tranquille que le reste de la ville. On remarque les tuyaux de gaz apparents, comme partout en Ouzbékistan. Pourquoi ? Mystère. De plus en plus grignoté par le reste de la ville, un pan entier du quartier a même été entièrement rasé pour laisser place au chantier du grandiloquent « Centre de la cilivisation islamique ».

sacré contraste

métro : G’afur G’ulom / Гафура Гуляма

De l’autre côté de la vieille ville, j’arrive au deuxième site majeur de Tashkent, le complexe religieux du Khast Imam. Le lieu revêt une importance majeure pour les musulmans d’Ouzbékistan car il abrite la copie manuscrite du Coran considérée comme la plus ancienne, ramenée d’Irak par les conquêtes de Tamerlan.

En dehors de la madrasa Moyi Mubarak, qui abrite ce Coran devenu fierté nationale (photos interdites), le complexe s’organise autour de la mosquée Hazrati Imam, plus grande mosquée de la ville, dont les vieilles pierres cachent un intérieur totalement rénové après l’indépendance.

Face à elle, on peut visiter la madrasa Barak Khan, au portail d’entrée (iwan) très décoré et qui rappelle fortement l’Iran mais dont l’intérieur est, comme très souvent en Ouzbékistan, transformé en galerie pour les vendeurs de souvenirs.

Au final, Tashkent s’est avéré une ville agréable à explorer et à parcourir. Un très bon premier aperçu de l’Ouzbékistan, de son architecture splendide comme de son côté parfois encore soviétique. Ça vaut la peine d’y passer un ou deux jours avant de partir explorer le reste de ce que le pays a à offrir aux voyageurs.

CÔTÉ PRATIQUE

Se déplacer dans Tashkent

Comme toute ville soviétique qui se respecte, le Parti a, en la reconstruisant, doté Tashkent d’un réseau de métro qui ne se contente pas de déplacer les habitants mais qui sert aussi de vitrine au régime.

Les Soviétiques sont partis mais le métro est toujours là. Certains arrêts ont changé de nom (« Lénine » est ainsi devenue « Place de l’Indépendance ») mais l’ensemble, des rames aux stations, est totalement dans son jus.

Chaque station est thématisée différemment, le métro peut donc constituer une visite en soi. Les plus belles stations à mon sens sont Alisher Navoiy et Kosmonavtlar. Jusqu’à récemment, prendre des photos du métro était strictement interdit : ce n’est désormais plus le cas donc autant en profiter.

station Alisher Navoiy

On peut aussi bien sûr se déplacer en taxi ou utiliser l’équivalent russe de Uber : Yandex, pour éviter de devoir négocier et être sûr que la destination a bien été comprise.

Quitter Tashkent

Le train est la meilleure manière de se déplacer en Ouzbékistan : le réseau est bien développé, les billets s’achètent sur Internet à l’avance et le pays a même développé un réseau à grande vitesse (les trains Afrosiyob) qui dessert Samarcande et Boukhara.

Attention : Tashkent compte deux gares. Les trains partent soit de Tashkent Passagers, soit de Tashkent Sud donc vérifiez bien votre billet pour éviter un stress inutile.

Pour ma part, je me dirige vers Margilan, dans la vallée de Ferghana pour poursuivre ma découverte de l’Ouzbékistan.

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