SAMBURU – mon tout premier safari

La réserve nationale de Samburu est ma première étape au Kenya. Elle se situe à l’entrée du vaste nord semi-aride du Kenya, juste après les hauts plateaux du centre.

Le village pour y accéder est Archer’s Post, sur la route principale qui traverse la région jusqu’à la frontière éthiopienne. Avec les réserves voisines de Buffalo Springs et de Shaba, elles forment un ensemble écologique reconnu pour la richesse de sa faune mais aussi une destination de safari largement moins fréquentée que les autres parcs du pays.

LES « SPECIAL FIVE »

Comme toute destination de safari qui se respecte, le Kenya permet d’apercevoir les « Big Five » : les cinq espèces d’animaux les plus craintes par les chasseurs d’hier et aujourd’hui devenues les plus prisées des touristes. Ce sont le lion, roi des animaux oblige, le léopard, l’éléphant, le rhinocéros et le buffle.

Samburu n’abrite pas tous les Big Five car ici pas de rhinocéros ni de buffle. En revanche, la réserve a désigné ses propres « Special Five », cinq espèces (ou sous-espèces) d’animaux plus ou moins endémiques à cette région semi-aride au nord du Kenya. Ce sont :

  • l’autruche de Somalie
  • le zèbre de Grévy
  • la gazelle de Waller
  • la girafe réticulée
  • l’oryx beïsa

En deux jours pleins de safaris ici, on verra bien si j’arrive à observer ces 5 espèces différentes …

PREMIER JOUR – le matin

Arrivé la veille au soir à Archer’s Post après une longue route depuis Nairobi, j’ai pu rencontrer mon guide pour ces deux jours à venir : Angelo. Rendez-vous est pris : départ à 6h00 du matin pour la réserve, à une dizaine de minutes de piste du village.

entrée de la réserve

C’est parti pour le safari ! Angelo n’a pas son pareil pour repérer les animaux camouflés dans les broussailles et dès les premiers mètres à l’intérieur de la réserve, j’aperçois mon premier animal : un groupe de gazelles de Waller (également appelées gerenuk de Somalie) tirant partie de leur long cou pour brouter les branches des acacias à leur portée. Special Five : 1/5 !

c’est l’heure du petit-déj

On continue à s’enfoncer dans la réserve et très rapidement on tombe non seulement sur le deuxième mais aussi le troisième special five de la journée : des gracieux oryx beïsa et des zèbres de Grévy, dont les rayures sont plus fines et plus nombreuses que celles les zèbres des plaines que l’on rencontre dans les autres parcs du Kenya. Ce qui leur donne un côté plus élégant à mon avis. Special Five : 3/5 !

d’autres oryx un peu plus tard dans la journée

En dehors de ses special five, la réserve de Samburu est aussi réputée pour une chose : ses majestueux troupeaux d’éléphants, extrêmement nombreux et faciles à observer, par moments de très près ! Cela fait moins d’une heure que je suis dans la réserve et je suis déjà émerveillé d’observer autant d’animaux emblématiques aussi facilement.

Après cette rencontre magnifique, nous tombons sur divers habitants de la savane : une famille de phacochères à la recherche de leur petit-déjeuner, une solitaire gazelle de Grant aux cornes joliment torsadées et un dik-dik, minuscule antilope

Après les éléphants, place à un autre géant de la savane : la girafe réticulée. Parmi les sous-espèces de girafe, celle-ci, que l’on ne trouve qu’au nord du Kenya et dans la corne de l’Afrique, elle se distingue par son pelage élégant, de larges tâches brunes clairement définies par de fines lignes bien claires. Special Five : 4/5 !

Le soleil est bien levé et tape déjà dur. C’est l’heure de faire une pause dans un lodge pour un petit-déjeuner sous le regard gourmand d’un vervet. On est à l’autre bout de la réserve après trois bonnes heures sur les pistes. Les animaux ne sont plus très actifs à cette heure-là, c’est l’heure de rentrer pour un peu de repos à Archer’s Post avant de retourner les observer pour la fin de la journée.

PREMIER JOUR – l’après-midi

Nous repartons en milieu d’après-midi, quand le soleil s’apprête à descendre, que la lumière se fait moins dure et que les animaux se font plus actifs. Dès l’arrivée dans la réserve, nous tombons sur deux autruches de Somalie, les derniers Special Five qui me manquait encore. Contrairement aux autruches que l’on croise ailleurs au Kenya, leurs pattes et leur cou sont d’une couleur gris-bleu, et non rosée. Special Five : 5/5, mission accomplie !

Les hardes d’éléphants se laissent toujours aussi facilement approcher. Leur présence a quelque chose d’apaisant je trouve. C’est vraiment magique de se tenir là, en silence, à quelques mètres à peine d’eux et de les observer vivre leur vie comme si nous n’étions pas là.

En cette fin d’après-midi, les abords de la rivière Ewaso Ng’iro, qui sépare les réserves voisines de Samburu et de Buffalo Springs, sont un lieu d’observation privilégié, bien que le débit de la rivière soit très inférieur à la normale (depuis mon voyage, la sécheresse au Kenya n’a malheureusement fait qu’empirer). Pas de lions en vue aujourd’hui malheureusement.

le marabout, qui mérite la palme d’oiseau le plus laid du continent

Quand on parle du lion on en voit … les traces ! Le roi des animaux ne se montre pas aujourd’hui, mais Angelo repère des traces toutes fraîches sur la piste. Aurons-nous la chance de le voir ?

les traces sont fraîches, moins de 24h

Le jour se couche, il est temps de quitter la réserve. Ce premier jour se termine sur ce groupe de mâles impalas aux magnifiques cornes. Demain, c’est reparti pour une deuxième journée à la recherche des animaux.

DEUXIÈME JOUR – le matin

Pour ce deuxième et dernier jour dans la réserve de Samburu, c’est un nouveau réveil très matinal pour être aux portes de la réserve dès le soleil levé.

Comme hier, ce sont des gazelles de Waller qui pointent en premier le bout de leur museau. Elles sont dressées sur leurs pattes arrières pour accéder aux meilleurs feuilles des acacias.

Pas d’autres observation notable pour ce début de matinée. Les félins restent pour le moment insaisissables, on se contentera des antilopes, des zèbres, et bien sûr des éléphants, le vrai must de Samburu. On profite aussi du paysage de collines arides caractéristique de Samburu et du nord du Kenya.

le poids lourd et la grande dame

On se pose en surplomb de la rivière pour le petit-déjeuner. L’occasion d’observer une bande de babouins olive en maraude en contrebas et différentes espèces d’oiseaux que je suis bien incapable d’identifier.

Le soleil tape toujours aussi fort en journée, c’est donc l’heure de repartir, en espérant que le dernier safari offre peut-être un deuxième Big Five avant de quitter Samburu.

DEUXIÈME JOUR – l’après-midi

En milieu d’après-midi, on reprend avec Angelo la route de la réserve, en se demandant ce que réserve ce dernier safari. …

oryx et zèbres, toujours fidèles au poste
les vautours surveillent la savane
« votre éléphant, vous le voulez en S, en M ou en XL ? »

Le soleil commence à décliner, on continue à arpenter les pistes de la réserve, à la recherche d’un éventuel félin… Soudain une alerte au talkie-walkie. Un autre guide a repéré un léopard en train de somnoler dans les broussailles !

Des cinq Big Five, c’est certainement le plus difficile à observer dans les parcs africains donc autant s’y mettre à plusieurs. Les guides communiquent entre eux par talkie-walkie pour repérer ce genre d’animaux très demandés des touristes. L’inconvénient de ce système, c’est que ça risque forcément de rameuter toutes les Jeep au même endroit de la réserve, mais à Samburu, on est tranquille là-dessus. Trois voitures seulement sont là pour observer le félin.

Allongé dans les broussailles, il somnole tranquillement. En silence, on attend que Monsieur daigne mais se relève de temps en temps pour nous jeter un regard.

« c’est bon vous avez ma photo vous pouvez y aller maintenant … « 

Décidément, Samburu aura tenu toutes ses promesses. C’est sur un dernier éléphant solitaire que nous franchissons une dernière fois la porte de la réserve…

CÔTÉ PRATIQUE

Se rendre à Archer’s Post en matatu

Depuis Nairobi, il faut compter 300 km de route jusqu’à Samburu, soit une longue journée de trajet. Les matatus, minibus en swahili, partent d’un quartier chaotique au centre de la ville. J’ai passé une bonne demi-heure à arpenter les rues à la recherche de celui indiquant la bonne destination : Isiolo.

Une fois le bon matatu trouvé, il faut espérer avoir de la chance : soit il est déjà presque plein et ne tardera pas à partir, soit on est bon pour attendre qu’il se remplisse. La notion d’horaire est bien entendu inexistante, un vrai exercice de patience.

Une fois à Isiolo, il faut changer de matatu pour parcourir les derniers kilomètres jusqu’à Archer’s Post, le village à l’entrée de la réserve. Là encore, patience obligatoire …

Hébergement à Archer’s Post

Bien tenu et l’un des seuls hôtels bon marché du village, je suis resté au Sinteti Hotel pour mon séjour à Samburu. Le restaurant attenant tenu par un cuisinier tanzanien est bon et l’un des lieux principaux de rendez-vous du village, un bon moyen de rencontrer des Kenyans en dehors du cadre d’un safari.

Organiser son safari à Samburu

La solution la plus simple pour les voyageurs indépendants est de passer par leur hôtel pour trouver un guide-chauffeur dans la réserve. Bien que le voyage en solo ne soit pas vraiment la norme au Kenya, les hôtels ont toujours des guides avec lesquels ils ont l’habitude de travailler et généralement fiables.

EN STOP VERS NAIVASHA

Le lendemain, je me rends à Naivasha. Angelo m’accompagne jusqu’à la station de matatus du village. Malheureusement, il ne semble pas prêt de partir, Angelo arrête donc une voiture pour

Je tombe sur un sacré personnage. Un évêque d’un des nombreux groupuscules protestants évangélistes présents au Kenya, qui retourne à Nairobi après être parti prêcher dans le nord du Kenya, dans la région de Marsabit. Accessoirement, il transporte deux chèvres dans son coffre qu’il doit déposer à Isiolo … On poursuit ensuite notre route vers Nanyuki, où nos routes se sépareront. Entre temps, il m’apprend quelques mots en swahili mais surtout me demande avec insistance ma religion et pourquoi je ne crois pas en Jésus… Très improbable comme trajet donc !

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