NAIVASHA – un lac, un volcan et du vélo

Après Samburu, j’arrive à Naivasha, petite ville à une centaine de kilomètres de Nairobi. Au bord d’un des nombreux lacs qui ponctuent la vallée du Rift, c’est l’une des destinations les plus intéressantes du Kenya pour les voyageurs indépendants.

Le lac Naivasha en lui-même est très prisé pour l’observation de la faune depuis un bateau. La ville sert aussi de base pour gravir le mont Longonot, volcan endormi qui offre une belle vue sur la région. On peut aussi accéder au parc national de Hell’s Gate qui offre une expérience unique au Kenya et probablement dans toute l’Afrique : faire du vélo au milieu des animaux de la savane. Une étape à ne pas manquer !

pour mieux se repérer, une carte de la région de Naivasha

LA VILLE DE NAIVASHA

Autant commencer par le sujet le moins reluisant : la ville de Naivasha en elle-même n’a pas franchement pas d’intérêt touristique. C’est juste une base pratique de transports et de logement pour ceux qui comme moi n’ont les moyens de se payer un lodge au bord du lac.

la mosquée Jamia de Naivasha

Pas de problème de sécurité en revanche, ce qui est appréciable. Contrairement à Nairobi, j’ai pu m’y balader et prendre quelques photos en toute tranquillité.

la vie quotidienne kenyane loin du cliché du safari

LE LAC NAIVASHA

Ce lac de la vallée du Rift abrite une faune riche : des centaines d’oiseaux, des hippopotames et différentes espèces d’herbivores sur l’île de Crescent Island, utilisé pour le tournage du film Out of Africa. Les animaux amenés ici pour le tournage y ont été laissés et l’île est aujourd’hui une réserve privée où l’on peut marcher parmi eux.

À part Crescent Island, l’activité principale du lac ce sont les tours en bateau, particulièrement au coucher du soleil quand la lumière est la plus propice aux photos. Tous les lodges et campements du bord du lac les proposent au tarif de 3000 shillings kenyans (~ 25 €) par bateau pour une heure. Si on ne loge pas au bord du lac, on peut rejoindre les embarcadères en boda-boda (moto-taxi).

Dès les premières minutes sur le lac, c’est une véritable profusion d’espèces d’oiseaux : cormorans africains, pélicans, hérons, aigrettes mais aussi marabouts, sûrement l’oiseau le plus laid du Kenya et un majestueux aigle pêcheur africain. Le tout sous le regard placide des hippopotames, pour qui c’est encore l’heure de la sieste.

salut beauté

Sans y poser le pied, on navigue autour de Crescent Island, où les zèbres et antilopes broutent tranquillement. Certains arbres ont les pieds dans l’eau : le lac a connu une montée des eaux importantes ces derniers mois, d’où l’acacia solitaire en tête de cet article. Les derniers rayons du soleil filtrent à travers les nuages, sublimant le paysage.

sur Crescent Island, la vie se déroule paisiblement
le mont Longonot vu depuis le lac Naivasha

Un bien beau moment, entre coucher de soleil magnifique et faune abondante. Le tout aux portes de la ville, dans l’une des régions les plus intensément cultivées du pays, ça fait plaisir à voir. C’est vraiment ça la magie du Kenya.

MOUNT LONGONOT NATIONAL PARK

Volcan endormi de la vallée du Rift, le mont Longonot, aujourd’hui protégé par le Mount Longonot National Park, domine du haut de ses 2 780 m le paysage de la région. Ici pas de faune foisonnante à observer depuis le confort de sa Jeep mais plutôt une occasion bienvenue de se dégourdir les jambes.

C’est là où on paie le droit d’entrée, où l’on peut trouver les services d’un guide si besoin et là où les rangers contrôlent minutieusement que personne n’entre sur le sentier avec du plastique jetable, pour éviter de le retrouver dans la nature bien sûr. Si besoin, des bouteilles d’eau en plastique réutilisable sont en vente pour quelques shillings.

c’est parti pour l’ascension

C’est parti pour la grimpette : il faut compter une petite heure pour arriver au bord du cratère. Une fois là haut, la vue est déjà impressionnante. Une forêt qui a poussé au fond du cratère et on se demande ce qu’elle peut bien cacher. Une vraie impression de monde perdu.

Mais la randonnée ne s’arrête pas, on peut maintenant faire le tour du cratère. Ça monte et ça descend pendant deux bonnes heures, permettant de profiter au passage de la vue sur la région (malheureusement couverte aujourd’hui) et de passer par le sommet du volcan.

y’a plus qu’à redescendre maintenant

Après ce grand tour du cratère et la photo obligatoire du panneau au point culminant du mont Longonot, il est l’heure de redescendre. Même si le temps n’était pas top pour ma visite aujourd’hui, c’est une randonnée qui vaut quand même le coup !

HELL’S GATE NATIONAL PARK

Le must selon moi de la région de Naivasha ! Un parc à taille humaine où les fauves, éléphants et autres animaux qu’on n’a pas spécialement envie de croiser hors d’une Jeep protégée sont absents et où l’on peut donc se balader sans craindre pour sa sécurité.

bienvenue à Hell’s Gate

En théorie on peut même s’y balader à pied mais les distances et la chaleur font que ce n’est pas la meilleure option. Heureusement, différentes agences proposent des vélos à la location, pour explorer le parc en toute tranquillité. Vu que Hell’s Gate est situé dans un décor splendide de falaises rougeâtres créées par les éruptions du Longonot voisin, on peut aussi y pratiquer une autre activité peu courante dans les parcs kenyans : l’escalade.

Les matatus qui longent la rive sud du lac Naivasha s’arrêtent à l’embranchement pour Hell’s Gate. Là, une petite cahute loue des vélos et propose les services de guides, vivement conseillés. Je choisis un vélo et c’est parti.

Avec Charles, mon guide, on s’élance donc en direction du parc. Les deux premiers kilomètres entre la route principale et l’entrée du parc ne sont franchement pas une partie de plaisir, tout en montée et en gravier. Heureusement, la piste roule beaucoup mieux une fois à l’intérieur du parc. Juste après l’entrée, la Fischer’s Tower, pilier d’origine volcanique, fait aujourd’hui le bonheur des grimpeurs. À son pied, des damans des rochers se prélassent tranquillement.

étonnamment, cette peluche a un lien de parenté avec les éléphants

La traversée du parc se fait tranquillement, en saluant au passage les zèbres des plaines, les girafes, les impalas qui se baladent en nous ignorant royalement. Au loin des buffles se reposent à l’ombre d’un acacia. Tant mieux car pour le coup je préfère ne pas me retrouver directement face à ces colosses…

Parmi les nouvelles espèces que j’observe dans ce parc, outre les damans des rochers et élands du Cap (l’une des plus grosses antilopes d’Afrique), nous tombons sur un messager sagittaire, oiseau élégant qui se nourrit de serpents. Comme quoi même un parc « mineur » peut réserver de nouvelles découvertes.

Après une bonne heure de route, nous arrivons au poste des rangers, de l’autre côté du parc. Il contrôle l’accès à la gorge de Ol Njorowa, l’autre intérêt du parc. Cette gorge volcanique permet une petite randonnée, à condition que les rangers laissent vous laissent passer. En effet, une crue éclair a malheureusement tué plusieurs touristes il y a quelques années, l’accès est donc théoriquement interdit. En pratique, ça dépend du l’humeur du moment et des talents de négociations de votre guide.

Une source chaude, trace de l’activité volcanique locale, jaillit dans la gorge. Accessoirement, c’est cet endroit qui a inspiré les artistes de Disney pour le Roi Lion et la scène de la mort de Mufasa. Moment de recueillement en sa mémoire obligatoire.

Pédaler au milieu des zèbres, des antilopes et des girafes est une expérience vraiment unique, à ne pas manquer si on est dans la région. Pas de gros animaux ni de félins dans ce parc mais une sensation de liberté qu’on retrouve rarement ailleurs au Kenya.

Au final, ces trois jours dans la région de Naivasha ont été bien remplis. Pouvoir explorer librement la nature sans devoir passer par la Jeep est vraiment appréciable. De plus, les activités sont nettement moins chères que dans le reste du pays. En résumé, cette région est pour moi un incontournable pour les touristes indépendants et les backpackers au Kenya.

CÔTÉ PRATIQUE

Venir à Naivasha et se déplacer dans la région

Naivasha est situé sur la route entre Nairobi et Nakuru, la quatrième ville du Kenya. Beaucoup de matatus circulent donc vers ces deux villes et ils se remplissent vite, ce qui est toujours appréciable.

La gare des matatus est située en plein centre de la ville. D’un côté de la route, les départs vers les destinations plus lointaines comme Nairobi ou Nakuru ; de l’autre les départs locaux. C’est de ce côté que partent les matatus vers le village de Longonot ou ceux empruntant la route sud du lac, d’où on peut descendre à l’embranchement pour Hell’s Gate.

Du village de Longonot, les moto-taxis (boda-boda en swahili) attendent les touristes pour parcourir les trois kilomètres (que l’on peut tout aussi bien faire à pied) jusqu’à l’entrée du parc.

Combien ça coûte ?

Les balades en bateau sur le lac Naivasha sont proposés au tarif fixe de 3 000 Ksh (environ 25 €) par les lodges au bord du lac (y compris pour les non-résidents).

Pour le Mont Longonot et Hell’s Gate, l’accès au parc national coûte 26 $ US chacun en 2023.

Où dormir ?

Une des meilleures options pour les budgets serrés, à la périphérie de la ville, l’Aloepark Art Hotel, joliment décoré, est un vrai havre de paix. Compter 100 Ksh pour le trajet en boda-boda depuis le centre de Naivasha.

Après Naivasha, je poursuis mon voyage au Kenya en sautant dans un matatu pour Nairobi, simple étape avant de découvrir un nouveau parc national : Amboseli, au pied du majestueux Kilimandjaro.

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