
🇯🇴 JORDANIE – voyage réalisé en septembre 2016
عمّان

Ahlan bikoum ! Bienvenue à Amman, capitale de la Jordanie et mon point d’arrivée dans le pays pour mon premier vrai voyage solo. Même si la ville est boudée par certains voyageurs, qui préfèrent filer vers le reste du pays, elle offre quelques premières découvertes et à l’avantage d’être le principal nœud des transports publics. Ce qui en fait une base pratique pour explorer les différents points d’intérêts du nord du pays si l’on n’est pas motorisé.
DANS CET ARTICLE
Comme Rome ou İstanbul, la ville est bâtie à l’origine sur sept collines. Autant dire que ça monte et ça descend en permanence ! S’il existait déjà une ville à cet endroit depuis l’Antiquité, que l’on nommait alors Philadelphia (la « ville de l’amour fraternel »), Amman est très longtemps restée à l’écart des grands empires. Elle n’a pris une importance politique qu’au XXe siècle sous le mandat britannique, en devenant la capitale du pays. Contrairement à d’autres cités de la région comme Jérusalem ou Damas, on n’y trouve donc pas de vieux souks ou de mosquées millénaires. En revanche, les ruines antiques sont toujours là. La citadelle et le théâtre romain sont les principaux sites du centre-ville, peu étendu et qui s’explore facilement à pied.
LA CITADELLE D’AMMAN
قلعة عمّان
Pour mon premier jour à Amman, je me dirige tout d’abord vers la citadelle, qui domine le centre-ville du haut de sa colline. En théorie, mon hôtel est situé juste en contrebas mais la topographie de la ville me fait faire un long détour. C’est mon premier contact avec la ville, qui me rappelle fortement les quartiers arabes de Jérusalem. Beaucoup de trafic et peu de touristes. En chemin vers la citadelle, je suis interpellé par des jeunes Jordaniens qui demandent spontanément que je les prenne en photo, ou qui veulent simplement discuter. Trois garagistes m’arrêtent, discutent, m’offre mon premier café arabe, avec de la cardamome, le début d’une addiction. L’hospitalité jordanienne commence bien !


Arrivé à la fameuse citadelle, qui se compose de ruines datant de différentes époques : principalement romaines, dont les emblématiques colonnes du temple d’Hercule mais aussi un ancien palais omeyyade (première dynastie musulmane, qui régnait depuis Damas) et le petit Musée archéologique de Jordanie. Sympathique mais pas non plus incroyable. Par contre la vue sur les collines de la ville vaut le détour.



LE THÉÂTRE ROMAIN ET LE CENTRE-VILLE
المدرج الروماني ووسط البلد
Après cette visite, je redescends vers l’amphithéâtre romain, point de repère du centre d’Amman. Comptant près de 6 000 places, il est aujourd’hui toujours utilisé pour des concerts. L’Odéon, un amphithéâtre miniature y est accolé, ainsi qu’un musée des traditions populaires, qui propose une exposition rapide de vêtements et objets traditionnels jordaniens.



🔎 ZOOM SUR – la grande révolte arabe

Le drapeau que l’on voit flotter à côté du drapeau de la Jordanie (et que l’on retrouve à Aqaba en format XXL) est celui brandi lors de la Grande révolte arabe menée contre les Ottomans pendant la Première guerre mondiale par les troupes bédouines du chérif de la Mecque Hussein et le célèbre soldat britannique Lawrence d’Arabie. C’était en 1916, d’où le fait que ce drapeau soit littéralement partout lors de mon voyage en 2016, pour en célébrer le centième anniversaire.
Après la révolte, Hussein et sa famille (les Hachémites) seront chassés du Hedjaz, la région de la Mecque et de Médine, par la dynastie saoudienne, qui unifie alors le pays en 1924. Les Britanniques « relogeront » les deux fils du chérif : l’un (Fayçal) sur le trône d’Irak et l’autre (Abdallah) sur le trône de Jordanie. Si la monarchie irakienne a disparu depuis longtemps, l’actuel roi de Jordanie Abdallah II est le descendant du chérif déchu. C’est ce qui explique que le pays soit officiellement appelé le royaume « hachémite » de Jordanie et que ce drapeau soit devenu un deuxième symbole national.
Après l’amphithéâtre, je continue sur l’avenue al-Hashimi, principale artère du centre-ville. Elle passe devant le nymphée, une ancienne fontaine romaine redécouverte dans les années 1990 et à proximité du petit souq al-Khudra que j’explore rapidement.


Finalement, j’arrive devant la mosquée al-Husseini, la principale du centre-ville. Datant des années 1920, elle est l’un des plus anciens bâtiments, mis à part les ruines romaines et la citadelle évidemment, de la ville. Les non-musulmans n’étant pas admis à l’intérieur, je me contente d’en observer la cour.


CHEZ LE CALLIGRAPHE
عند الخطّاط
À la fin de mon voyage, j’ai passé une dernière journée à Amman avant de reprendre l’avion. J’aurais voulu visiter le tout nouveau Jordan Museum, qui retrace toute l’histoire du pays mais en cette période de vacances dans tout le pays suite à l’Aïd, il est fermé. Je me retrouve donc sans programme précis à part explorer une dernière fois la ville.

Au hasard des rues, je tombe sur la boutique de Hassan, calligraphe. J’entre, pour admirer la manière dont il courbe et tord délicatement les lettres de l’alphabet arabe pour en faire jaillir de nouvelles formes. Après avoir discuté un peu, je décide de lui acheter une œuvre, qui fera un souvenir original et personnalisé. Pas forcément très original, la seule expression qui me vient à l’esprit sera la salutation arabe al-salām ʿalaykum (السلام عليكم), que la paix soit sur vous. Mais même une phrase aussi simple devient sous son calame un dessin harmonieux.

Après un premier jet pour définir le style qu’il utilisera, Hassan encre un premier papier puis « décalque » le résultat final sur le papier.

Amman aura été au final une ville plaisante à découvrir. Malgré l’absence de site majeur ou incontournable, la ville est une introduction détendue à la Jordanie, une fois qu’on a pris l’habitude du trafic et des klaxons incessants.
CÔTÉ PRATIQUE
🛬 Arriver à Amman
L’aéroport international Queen-Alia est situé à 40 kilomètres du centre-ville. Une navette part irrégulièrement pour le centre-ville. La plupart des vols atterrissant de nuit, demander à son hébergement d’organiser un transfert épargnera bien des galères (compter environs 25 JD).
🍴 Où manger ?
Point de passage obligatoire, le restaurant Hashem (مطعم هاشم), à cinq minutes de la mosquée Husseini, propose les meilleurs falafels de la ville, voire du pays !
Je passerai les deux jours suivants à rayonner depuis Amman pour explorer les principales étapes de la Route du Roi : la ville chrétienne de Madaba, le mythique mont Nébo et le château croisé de Kérak.



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