LE TREK DE POON HILL – panorama sur l’Annapurna

🇳🇵 NÉPALvoyage réalisé en janvier 2023

Si on vient au Népal, c’est souvent pour trekker dans ses montagnes. Le pays compte des dizaines d’itinéraires pour s’approcher au plus près des montagnes, pour toutes les durées et tous les niveaux.

En cherchant un trek relativement facile pour quelqu’un qui n’a pas d’expérience de la montagne, je me suis dirigé vers le trek de Poon Hill, aussi appelé panorama des Annapurnas. De courte durée et d’altitude modérée, c’était le choix idéal pour randonner en solo et profiter au maximum de l’Himalaya.

PREMIER JOURde Naya Pul à Ulleri

durée :
5h

dénivelé :
+1000 m

altitude :
2005 m

départ matinal de Pokhara

Après une heure et demie de bus depuis Pokhara, j’arrive au village de Naya Pul, point de départ et d’arrivée de ces cinq jours de marche. Les chaussures sont lacées, le sac à dos est bien préparé et ajusté, c’est parti.

Naya Pul est presque une petite ville. On peut y trouver les derniers services dont on aurait besoin avant de se lancer sur les sentiers himalayens. Le trek commence vraiment vingt minutes de marche plus loin, à Birethanti. C’est dans ce village aux maisons himalayennes traditionnelles que se trouve le checkpoint pour les permis de trek et d’entrée dans la zone de conservation de l’Annapurna.

Birethanti

Du pont qui mène au village, le Machapuchhre et ses 6900 m d’altitude se dévoilent. La forme de cette montagne explique son nom en népali, la « queue du poisson ». Sacrée pour les hindous car considérée comme la demeure de Shiva, c’est le seul sommet du Népal qui n’ait jamais été atteint par des alpinistes.

c’est parti !

La première partie du trajet, autrefois simple sentier, est devenue une piste de terre empruntée par les Jeep qui relient les villages de la région, les rendant moins inaccessibles. Heureusement le trafic reste faible et on peut toujours randonner tranquillement.

Jusqu’au hameau de Tikhedunga, la piste monte doucement, rien de très ardu, et traverse plusieurs villages traditionnels. De nombreuses teahouses ponctuent le trajet, qui prend environ 2-3h de marche.

Après Tikhedunga, que j’atteins en début d’après-midi, les choses se corsent sérieusement. J’ai déjà gagné 400 m d’altitude depuis ce matin mais pour atteindre Ulleri, le village où je passe la première nuit du trek, il faut emprunter un terrible escalier de près de 3200 marches en pierre, pour un dénivelé de 600 mètres. C’est sûrement le passage le plus intense de ce trek.

Après une longue heure d’effort et deux carrés de chocolat pour me redonner des forces, j’arrive à bout de forces à Ulleri et je me dirige vers la première teahouse du village pour y passer la nuit. Les montagnes se cachent toujours derrière les nuages pour l’instant mais cela va vite changer.

Malheureusement, ce premier jour est assombri par une triste nouvelle : le matin même, un avion de la compagnie Yeti Airlines s’est écrasé en atterissant à Pokhara. Forcément ça perturbe.

DEUXIÈME JOURd’Ulleri à Ghorepani

durée :
5h

dénivelé :
+850 m

altitude :
2 860 m

C’est parti pour une deuxième journée de marche. Ghorepani, l’étape de ce soir, est situé à 2 800 m d’altitude, soit la nuit la plus haute du trek.

La journée est une longue montée à travers la forêt principalement. La pente est plutôt régulière, l’effort est donc tout à fait gérable. L’altitude commence à se faire sentir au niveau du souffle mais rien d’insupportable.

J’arrive en début d’après-midi à Ghorepani. Un checkpoint à l’entrée du village vérifie les permis de trek. Je traverse le village avant de trouver une teahouse pour passer la nuit (Mountain View Lodge).

La vue y est magnifique. Après s’être cachées derrière les arbres, les vallées ou les nuages pour ces deux premières journées, n’apparaissant que furtivement, les montagnes du massif de l’Annapurna se dévoilent enfin dans toute leur majesté.

C’est la nuit la plus haute et la plus froide du trek. Heureusement, le trek est suffisamment équilibré pour me permettre une acclimatation en douceur et je ne souffre pas du mal d’altitude.

TROISIÈME JOURl’ascension vers Poon Hill

durée :
45 mn

dénivelé :
+350 m

altitude :
3 210 m

Réveil extrêmement matinal aujourd’hui pour atteindre l’objectif de ce trek : Poon Hill. Il fait encore nuit quand je quitte la teahouse, éclairé par à la lampe torche, pour attaquer les 45 minutes d’ascension avant que le jour ne se lève. Le froid est piquant, le souffle est court mais peu importe.

À 3 210 m d’altitude, ce point de vue offre l’un des plus beaux panoramas sur les sommets himalayens. Les sommets de l’Annapurna (8 091 m) et du Dhaulagiri (8 167 m), respectivement la dixième et la septième plus haute montagne du monde, ainsi que les massifs les entourant, se dévoilent parfaitement dans la douce lumière du matin.

l’Annapurna I (8 019 m) et l’Annapurna Sud (7 219 m)

Nom mythique, l’Annapurna I, plus haut sommet du massif du même nom, a été le premier sommet de plus de 8000 mètres à avoir été vaincu, par l’expédition de l’alpiniste français Maurice Herzog en 1950.

le massif du Dhaulagiri, culminant à 8 167 m

Une tour d’observation métallique a été installé au sommet du point de vue, pour ceux qui voudraient prendre encore plus de hauteur.

Réputé pour être l’un des points de vue les plus spectaculaires de l’Himalaya, l’endroit est très populaire auprès des trekkeurs. Relativement facile d’accès et à la croisée de plusieurs itinéraires très fréquentés comme le tour des Annapurnas, on est bien loin d’y être seul au monde.

Après une bonne heure à Poon Hill, je redescends rapidement vers le village pour manger, récupérer mes affaires et me remettre en route.

TROISIÈME JOUR de Ghorepani à Tadapani

durée :
5h

dénivelé :
-580 m

altitude :
2 630 m

Heureusement, la suite de la journée me réserve des panoramas toujours aussi extraordinaires sur le massif de l’Annapurna. Après avoir quitté Ghorepani, la première partie du chemin grimpe jusqu’au col de Deurali, la dernière partie de ce trek situé au-dessus des 3 000 mètres d’altitude. Les paysages sont splendides tout du long mais là encore beaucoup de monde.

La deuxième partie de la journée consiste à descendre à travers la forêt jusqu’au fond de la vallée. Au passage, je traverse un village hors du temps pour y faire une pause dal bhat bien méritée.

En bas de la forêt, j’entends un tremblement caractéristique dans le feuillage. Pas de toute, il y a un singe dans les parages. Effectivement, c’est un semnopithèque de l’Himalaya, endémique de ces montagnes, que j’ai la chance d’observer rapidement avant qu’il ne disparaisse dans les branches.

J’ai atteint le fond de la vallée. Je travers le petit pont et il n’y a plus qu’à tout remonter jusqu’à Tadapani, mon étape de cette nuit. Le chemin en forêt est toujours aussi tranquille, mis à part les caravanes de mulets pour ravitailler les villages, qu’il faut occasionnellement éviter.

J’arrive au village en début d’après-midi, le plus petit traversé depuis le début du trek. Pas beaucoup de choix d’hébergement ici mais l’Hotel Panorama Point est tout à fait correct.

Heureusement que je suis arrivé tôt car en plein après-midi le village se retrouve totalement plongé dans le brouillard.

QUATRIÈME JOUR – de Tadapani à Ghandruk

durée :
3h30

dénivelé :
-620 m

altitude :
2 010 m

Au matin, le ciel s’est entièrement dégagé et les montagnes ont refait leur apparition. Parfait pour entamer cette nouvelle journée de marche.

la journée révèle encore de magnifiques vues

J’arrive rapidement à Ghandruk, dernière étape de mon trek. Après la sérénité de ces derniers jours et la tranquillité des villages traversés, on peut dire que c’est un sacré contraste. Ghandruk est l’un des plus gros villages de la région.

Ghandruk est la « capitale » de l’ethnie gurung, un peuple montagnard de religion bouddhiste et culturellement proche des Tibétains. Un petit musée dans le village présente différents objets du quotidien et propose même d’essayer des costumes traditionnels.

Je profite le soir venu d’un dernier coucher de soleil sur les sommets. Demain c’est le retour en ville.

CINQUIÈME JOURde Ghandruk à Birethanti et retour à Pokhara

durée :
3h

dénivelé :
-1000 m

altitude :
1025 m

C’est le moment de redescendre. Je quitte Ghandruk pour revenir à mon point de départ initial. La première partie du sentier est très agréable, descendant à travers les champs.

En passant par un village, mon chemin croise celui des enfants en route pour l’école.

La fin du trek, le long d’une route bitumée, n’est clairement pas la meilleure partie, ni la traversée d’un chantier abandonnée en plein milieu du chemin. Je finis par arriver à Birethanti, le village où j’ai commencé mon trek il y a cinq jours.

Les panoramas exceptionnels et surtout l’incroyable sensation de liberté que j’ai ressentis tout au long de ce trek dans les montagnes népalaises resteront longtemps gravés dans mes souvenirs. Une expérience que j’ai hâte de pouvoir vivre à nouveau.

C’est la fin de ce trek. Je passe ensuite quelques jours de repos à Pokhara avant de poursuivre ma découverte du Népal. Pour les détails pratiques sur les différents treks du Népal et leur organisation, j’y dédierai très bientôt un article complet.

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