
🇳🇵 NÉPAL – voyage réalisé en janvier 2023
चितवन

Après Pokhara et les montagnes de l’Himalaya, je change radicalement d’ambiance. Au sud du Népal s’étend la plaine du Téraï, le long de la frontière indienne. Principal attrait touristique de la région, le parc national du Chitwan est l’un des meilleurs lieux d’Asie pour observer la faune sauvage.
Pour observer tout ce petit monde, différentes options sont possibles : en Jeep, en canoë le long des rivières du parc ou tout simplement à pied, pour une expérience intense en pleine nature.
DANS CET ARTICLE
LE VILLAGE DE SAURAHA
Quels animaux peut-on y apercevoir au Chitwan ? Le parc compte 130 tigres mais qui ne s’observent que très rarement. Pour en voir au Népal, mieux vaut privilégier le parc national de Bardia, bien plus isolé. Le vrai roi de la jungle ici c’est le rhinocéros indien, un poids lourd de presque deux tonnes et une seule corne. 600 spécimens peuplent le parc mais ne se privent pas pour autant de balades occasionnelles dans les villages environnants. Le parc abrite aussi la quasi-totalité du bestiaire du Livre de la Jungle : ours, éléphants, singes, cerfs, etc…

Concernant les rhinocéros, j’ai eu de la chance : dès le trajet en taxi depuis l’aéroport de Bharatpur vers le village de Sauraha à l’entrée du parc, on en aperçoit un se baignant tranquillement dans la rivière, à quelques mètres des habitants. Impressionnant, et plutôt de bonne augure pour la suite du périple.
Sauraha est un petit village tranquille où sont regroupés tous les services touristiques pour organiser son excursion dans le parc, où rien n’est plus commun que de croiser dans ses rues un éléphant monté par son mahout, de retour de leur journée de travail.

En fin d’après-midi le jour de mon arrivée, je passe un peu de temps sur la plateforme qui surplombe la rivière et l’accès principal au parc. En contrebas, plusieurs crocodiles et gavials prennent les derniers rayons du soleil.
Je pars ensuite avec un guide pour observer le long de la rive les nombreuses espèces d’oiseaux qui viennent nicher par ici. En apercevant un héron, il se mettra à entonner la seule comptine française de son répertoire : « héron, héron, petit patapon ». Très improbable comme moment !
À PIED
La meilleure manière pour découvrir le Chitwan mais clairement pas la plus rassurante vu la faune qui peuple le parc.
Avant de traverser la rivière et partir explorer le parc, mes deux guides Prem et Raja, armés d’un simple bâton, me briefent sur le comportement à adopter en cas de rencontre avec un animal dangereux. Un éléphant sauvage ? Courir dans les broussailles où il ne pourra pas nous suivre. Un rhinocéros ? Laisser tomber un objet pour le leurrer et grimper à l’arbre le plus proche au cas où il déciderait de charger. Un tigre ? Le regarder fixement dans les yeux et ne faire aucun mouvement. Pas très rassurant tout ça…

Mais en ce tout début de matinée, mon principal sujet d’inquiétude est radicalement différent. La nuit a été très compliquée, mon système digestif ayant décidé de faire des siennes depuis ces dernières heures. Autant dire que je ne suis pas forcément en état et que je sais que la journée sera compliquée et difficile à apprécier.

On traverse rapidement la rivière et c’est parti. Dans les brumes presque fantomatiques de ce tout début de matinée, un troupeau de cerf axis broutant paisiblement sur la berge se laisse observer. Ces ongulés font partie des proies favorites des tigres, dont mes guides repèrent une empreinte relativement fraîche sur le sable de la berge.


On s’enfonce ensuite dans la forêt qui constitue cette partie du parc. Au passage, on aperçoit un troupeau de buffles, puis encore de cerfs axis qui finissent par s’enfuir dans la précipitation. Auraient-ils senti un danger ?

On continue notre chemin quand soudain, mes guides m’intiment silencieusement de grimper dans l’arbre le plus proche illico presto, en abandonnant mon sac à terre. Une femelle rhino est juste là à quelques mètres, au milieu du sentier. Elle ne prête aucune attention à nous mais ne semble pas non plus se décider à bouger.

Coincé dans mon arbre, je n’en mène pas large vu mon état, même si tout le monde reste très calme. Finalement après une bonne demi-heure, Madame se décalera légèrement du sentier, nous permettant de la contourner prudemment.


Après quelques heures de marche, on quitte la partie forestière du parc pour s’enfoncer à travers une plaine de hautes herbes. On atteint rapidement un abri surélevé, l’endroit parfait pour être à l’affût de la faune qui passerait dans le coin. C’est théoriquement l’heure de manger le déjeuner mais vu mon état, je suis incapable d’avaler quoi que ce soit.

On reprend ensuite notre marche vers un second affût, où nous resterons plus d’une heure. Et cette fois, on a plus de chance ! Tour à tour, les bruissements dans les hautes herbes nous révèleront la présence d’un ours que je n’ai pu photographier que très brièvement puis d’un nouveau rhinocéros. L’ours lippu est dans la réalité un animal bien plus agressif que ce cher Baloo qu’il a inspiré. On est bien contents d’être à l’abri dans l’affût à ce moment-là !

On se redirige ensuite tranquillement vers le village, sans observer de nouveaux animaux mis à part ces perruches colorées dans les arbres.

EN JEEP
Le lendemain, après un passage dans une clinique du village, je me sens beaucoup mieux pour repartir explorer le Chitwan. Au programme ce matin : un tour en Jeep sur les pistes du parc.

Contrairement aux safaris sur les vastes plaines ouvertes d’Afrique de l’Est, parcourir la jungle du Chitwan en Jeep n’est clairement pas le meilleur moyen d’observer des animaux. Les hautes herbes rendent la visibilité très aléatoire.




EN PIROGUE
Dernière manière de découvrir le parc pour l’après-midi de ma dernière journée : une balade tranquille en pirogue le long de la rivière. Mis à part les nombreuses espèces d’oiseaux, on remarque surtout que la rivière est littéralement infestées de crocodiles.



Deux espèces de sauriens vivent ici : l’inoffensif gavial, dont le museau allongé lui sert à attraper les poissons dont il se nourrit et le moins sympathique crocodile des marais, avec qui on n’a pas envie de se retrouver face à face.


Après une petite heure de descente en pirogue, on arrive à l’embarcadère où on descend poursuivre notre chemin. Au passage, un dernier rhino vient se montrer, on accélère le pas pour éviter de se retrouver confrontés à lui.

ELEPHANT BREEDING CENTER
Pour finir ce séjour au Chitwan, on visite le centre de reproduction des éléphants, tenu par le gouvernement népalais. Jusque récemment, les safaris à dos d’éléphants étaient l’activité-phare du Chitwan mais la prise de conscience de la cruauté du traitement qui leur est réservé pour les domestiquer a changé la donne … en théorie.

L’activité est toujours proposée par certaines agences tandis que les éléphants qui ne travaillent plus avec les touristes servent pour les travaux agricoles. Honnêtement, la visite du lieu n’a pas grand intérêt et les conditions de vie des éléphants ne sont pas bien réjouissantes.


C’est l’heure de repartir pour de bon à Sauraha. J’ai beaucoup apprécié ma visite du Chitwan. Si la chance n’a pas été avec moi côté digestif, elle m’aura quand même permis d’observer la plupart des espèces qui y vivent ! Le parc est un vrai incontournable du Népal d’après moi, au même titre que ses randonnées en montagne ou son riche patrimoine historique

CÔTÉ PRATIQUE
Venir au Chitwan
Deux options pour rejoindre le parc depuis le reste du Népal : le bus ou l’avion. Depuis les grands centres touristiques du pays, des liaisons directes vers le Chitwan sont proposées, et arrivent toutes à la gare routière de Sauraha. Pokhara comme Kathmandou sont à peu près à 6h de bus.
En avion, l’aéroport de Bharatpur dessert la région. Des vols sont proposés depuis Kathmandou et Pokhara, pour une durée inférieure à une demi-heure.

Organiser son safari
On peut soit trouver un guide dans les rues et les agences de Sauraha, soit passer par son hébergement pour organiser ses excursions à l’intérieur du parc.
L’hôtel où je suis resté pour mon séjour (Chitwan Tiger Camp) s’est chargé de tout organiser, je les recommande vivement.
Chitwan est la dernière étape de mon voyage au Népal. Je prends ensuite un bus matinal pour Kathmandou, pour y passer une dernière journée avant de repartir vers la France.



Laisser un commentaire