
🇦🇲 ARMÉNIE – voyage réalisé en mai 2024
Երևան

Une arrivée chaotique au milieu de la nuit, une embrouille avec un taxi et trop peu d’heures de sommeil : voilà je suis bien arrivé en Arménie. Je commence mon exploration du pays par sa capitale discrète Yerevan (ou Erevan).
DANS CET ARTICLE
LE CENTRE DE YEREVAN
Երևանի կենտրոն
Pas bien étendu, le centre est principalement composé d’immeubles modernes construits dans une pierre rose caractéristique. Je prends vite mes marques entre les grandes avenues et les passages plus discrets.

La place de la République
Հանրապետության հրապարակ
Évidemment je finis par arriver sur la place de République. C’est le cœur battant de la ville, vers laquelle toutes les grandes avenues convergent. L’ensemble, toujours en pierre rose, est assez étonnant et plutôt joli.

C’est ici que se trouvent plusieurs bâtiments importants comme le siège du Premier ministre et le musée national, dont on reparlera plus bas. Je reviendrai à de nombreuses reprises sur cette place, très agréable malgré le trafic.
Manifestations sur la place de la République
Les derniers jours de mon voyage ont coïncidé avec d’importantes manifestations en Arménie. Elles visent le Premier ministre Nikol Pachinian et ses négociations en cours avec l’Azerbaïdjan.

En cherchant à normaliser les relations et délimiter la frontière entre les deux pays, elles entraîneraient l’annexion de quatre villages arméniens. Au vu de l’histoire extrêmement douloureuse entre les deux voisins, on comprend que le sujet soit aussi sensible. Surtout après les défaites de 2020 et 2023 et la disparition des Arméniens du Haut-Karabagh.

Curieux, j’ai assisté à une de ces manifestations sur la place de la République. Beaucoup de monde et de drapeaux de l’Arménie et de l’Artsakh. Tout se déroule dans le calme et en musique, malgré une présence policière très importante.
Vernissage
Վերնիսաժ
Juste derrière la place de la République, le Vernissage est un marché d’artisanat arménien plutôt fréquenté.

C’est l’endroit idéal pour flâner, regarder les tapis, les chapelets ou les duduk (flûtes arméniennes) et éventuellement repartir avec un souvenir.


La mosquée Bleue
Կապույտ մզկիթ
À un petit quart d’heure de la place de la République se trouve la mosquée bleue de Yerevan, vestige de l’époque où l’Arménie était sous la coupe de son voisin iranien.

La mosquée est ouverte aux visiteurs en dehors des heures de prières. Elle sert de point de rendez-vous religieux et culturel à l’importante communauté iranienne de la ville. On y trouve aussi un magasin d’artisanat iranien sous l’une de ses arcades.

Petit détail « sympathique » : la mosquée est ouvertement contrôlé par la république islamique, ce qui se traduit par la présence discrète des portraits de Khomeiny et Khamenei, exactement comme en Iran.


La Cascade
Կասկադ
Au nord du centre se dresse la Cascade, un des monuments les plus curieux de Yerevan. Cet immense escalier agrémenté d’œuvres artistiques contemporaines

Du haut de cette Cascade, la vue sur la capitale se déploie. En théorie, les pics du mont Ararat dominent le panorama mais ils resteront masqués par les nuages durant tout mon séjour, ne se laissant qu’entr’apercevoir.

Si le temps est clair, la vue doit être encore plus impressionnante. Quoi qu’il en soit, Cascade reste un incontournable de toute visite à Yerevan !
LES MUSEES DE YEREVAN
Երևանի թանգարանները
Matenadaran
Մատենադարան
Au nord du centre-ville se dresse la silhouette austère du Matenadaran, la bibliothèque nationale, qui abrite des dizaines de manuscrits inestimables. Le musée expose au public un infime échantillon de sa collection de manuscrits enluminés, ainsi que plusieurs manuscrits d’autres cultures.

Tous ces ouvrages sont écrits en grabar, l’arménien ancien. La langue s’est développée suite à l’invention par le moine Machtots de l’alphabet arménien au IVe siècle, encore utilisé aujourd’hui. De nombreuses œuvres antiques ont été traduites en grabar au Moyen-Âge et sont parvenues jusqu’à nous par ce biais.

Le musée national
Հայաստանի պատմության թանգարան
Le musée national quant à lui est situé sur la place de la République et retrace la longue histoire de l’Arménie depuis l’époque d’Urartu, l’antique cité dont les ruines se trouvent en bordure de la capitale en passant par l’époque romaine, la christianisation du pays et le Moyen-Âge. Très intéressant et plutôt bien expliqué (en anglais).


TSITSERNAKABERD
Ծիծեռնակաբերդ
J’ai choisi d’attendre mon dernier jour en Arménie pour visiter le lieu le plus poignant du pays : Tsitsernakaberd, le mémorial du génocide. Perché sur une colline surplombant la ville, il est composé d’une partie mémorielle et d’une partie musée.

Le musée retrace l’histoire du génocide. Des discriminations subies par les Arméniens en terre ottomane aux premières tueries de la fin du XIXe siècle, on découvre la dégradation inexorable de leur situation qui conduit à ce moment tragique de leur histoire.

À l’extérieur, on trouve notamment la flamme éternelle du souvenir ainsi que l’aiguille pointée vers le ciel, symbolisant l’Arménie et sa renaissance. Divisée en deux parties, elle représente les deux Arménie : orientale (la république actuelle) et occidentale (la partie située aujourd’hui en Turquie).

De nombreux arbres ornent l’ensemble, chacun planté par un dignitaire étranger en visite à Yerevan. Tsitsernakaberd est une étape obligatoire des visites officielles en Arménie. La France est d’ailleurs très représentée.
🔎 ZOOM SUR – le génocide des Arméniens
En pleine Première Guerre mondiale, les autorités ottomanes, soupçonnant les Arméniens de sympathiser avec la Russie, décident de les éliminer. Le 24 avril 1915 marque le début des arrestations d’intellectuels arméniens à Constantinople, amorçant un processus d’extermination.
Les Arméniens ont été déportés en masse vers les déserts syriens à marche marches forcées, subissant massacres, et des famines. Des centaines de millier ont péri, exécutés ou succombant à la faim et aux maladies.
Les historiens estiment que 1,2 à 1,5 million d’Arméniens ont perdu la vie durant cette période noire. Bien que le génocide soit largement reconnu par la communauté internationale, la Turquie continue aujourd’hui encore de contester cette qualification.
AUTOUR DE YEREVAN
Երևանի շրջակայքում
Avant de quitter Yerevan, j’explore les environs de la capitale, où l’on trouve quelques sites intéressants. Parmi eux Geghard, encore un monastère ancien ; mais aussi Garni et son temple antique. Enfin, Etchmiadzin, qui est le premier centre religieux du pays.
Geghard
Գեղարդ
Allez, encore un ! Après dix jours en Arménie, Geghard est le dernier monastère d’une longue série.

Même si l’architecture n’est pas bien différente des autres, j’apprécie l’ambiance de dévotion quasi-mystique du monastère, qui offre beaucoup d’opportunités de belles photos.



Garni
Գառնի
De Geghard, je négocie avec un taxi désagréable pour qu’il me conduise à Garni. Le village abrite un temple construit à l’époque où l’Arménie était encore païenne et sous influence romaine.

Tout de gris, le temple a été lourdement restauré et fait assez « fake » aujourd’hui. On en fait vite le tour et clairement je ne suis pas séduit par l’endroit.

En contrebas du temple s’étend la vallée des « pierres qui chantent » : des formations rocheuses sculptées par l’érosion ; mais le mauvais temps me dissuade de pousser jusque là.
Etchmiadzin
Էջմիածին
mètres de la capitale, il s’agit de la quatrième ville d’Arménie mais surtout du centre religieux du pays, au point qu’on l’appelle parfois le « Vatican » d’Arménie.

Autour de la place Komitas s’étend un vaste complexe : églises, séminaire, bibliothèque, etc… C’est ici que siège l’église apostolique arménienne.

La ville est donc symboliquement très importante pour les Arméniens mais l’ensemble n’est pas très passionnant finalement. D’autant plus que le lieu le plus intéressant, l’église Sainte-Etchmiadzin en elle-même était fermée pour restauration lors de ma visite.
CÔTÉ PRATIQUE
🛬 Arriver à Yerevan
L’aéroport de Yerevan-Zvartnots reçoit des vols directs principalement d’Europe et de Russie. À l’arrivée, les taxis sont assez insistants. Mieux vaut commander un Yandex (équivalent d’Uber) avec le Wi-Fi de l’aéroport.
Par voie terrestre, des bus et excursions partent plusieurs fois par jour vers Tbilissi en Géorgie. Plusieurs bus quotidiens desservent aussi Tabriz et Téhéran, en Iran.
Pour les trajets à l’intérieur de l’Arménie, je les ai détaillés dans les articles correspondants à chaque destination.
🚌 Rejoindre Geghard et Garni
Pour rejoindre Geghard et Garni depuis le centre de Yerevan, il faut d’abord rejoindre la gare routière de la rue Gai, en Yandex depuis le centre. De là, les lignes 266 et 284 desservent Garni et Goght, un village situé à 2 km de Geghard. De là, on peut marcher ou négocier un taxi pour rejoindre le monastère.
🚌 Rejoindre Etchmiadzin
Les marshroutkas pour Etchmiadzin partent de la gare routière principale de Yerevan, très régulièrement. Il faut compter de 20 à 30 minutes. Elles desservent aussi les ruines de la cathédrale antique de Zvartnots.
🚏 Se déplacer dans Yerevan
Le centre est plutôt plat et peu étendu, il s’explore donc très bien à pied. Le métro de Yerevan est peu intéressant pour les visiteurs, mis à part pour rejoindre la gare routière sud. Sinon, il y a toujours Yandex.
🛏️ Où dormir ?
Pas beaucoup d’options bon marché. J’ai fini par atterrir à l’Hotel Jan, pas cher mais extrêmement basique.
🍴 Où manger ?
Ce restaurant bien caché, à l’enseigne uniquement en arménien, propose des plats typiques à prix doux.
À deux pas de la place de la République, une adresse agréable pour manger sur le pouce.
Pour un repas plus haut de gamme, direction le Lavash. Spécialisé dans les plats arméniens que l’on retrouve rarement au menu ailleurs.
Voilà pour ce résumé de ma visite de la capitale arménienne. Sans être forcément un coup de cœur, je l’ai trouvée agréable à découvrir. Pas de monument forcément incontournable mais un ensemble plutôt intéressant à découvrir.




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