MELAKA – la ville des sultans et des épices

🇲🇾 MALAISIEvoyage réalisé en septembre 2022

Une nuit de bus depuis la côte est me conduit à Melaka, ma dernière étape sur la péninsule malaise. Melaka, ou Malacca pour les anglophones, tient une place à part dans le melting-pot qu’est la Malaisie. Fondée au XVe siècle par un sultan local, elle est passé tour à tour aux mains des Portugais, des Néerlandais, des Britanniques et enfin de la Malaisie indépendante, en accueillant au long de cette histoire une population toute aussi diverse.

AUTOUR DU RED SQUARE

C’est sur Red Square, une place qui porte bien son nom, que je commence ma découverte de Melaka. L’église et les bâtiments administratifs qui la bordent, tout en couleur ocre, ont été construits par les Hollandais, à l’époque de la Compagnie des Indes orientales venue y chercher de précieuses épices.

Red Square

L’ensemble est plutôt joli et très touristique. En revanche, les différents musées qu’abrite le complexe du Stadthuys, l’ancien hôtel de ville hollandais, manquent d’intérêt.

Red Square et les trishaws exhubérants typiques de Melaka

Juste derrière la place se dressent les ruines d’une période plus ancienne de la ville. La porte de Santiago et les restes de l’église Saint-Paul datent de l’époque où c’étaient les Portugais qui dominaient la ville et le commerce des épices vers l’Europe.

Le long de la Malacca River qui traverse le vieux centre se dressent plusieurs vestiges coloniaux. Des tours en bateau sont proposés aux touristes.

l’église St. Francis aux clochers légèrement penchés, le long de la rivière

LE QUARTIER CHINOIS

Le quartier chinois de Malacca se situe juste de l’autre côté de la rivière. Sa rue principale bordée de shophouses, Jonker Walk, tient un marché nocturne le week-end réputé pour ses spécialités de tout le pays.

Jonker Walk, la rue principale du quartier

À ne pas manquer dans Chinatown, le musée Cheng Ho, dédié à l’explorateur chinois qui a fait une étape remarquée à Melaka, à l’époque où son sultan dirigeait les routes commerciales. Il symbolise l’ancienneté des liens entre la Malaisie et la Chine.

Cheng Ho, plus connu sous le nom de Zheng He (郑和) était un eunuque chinois musulman au service de l’empereur Yongle, nommé au titre d’amiral de la flotte impériale en 1405.

Sous ses ordres, il supervise la construction d’une immense flotte qui mène les premières explorations chinoises de l’océan Indien, longeant les côtes en passant par Malacca, l’Inde et l’Afrique de l’Est. Il a mené ses expéditions entre 1405 et 1433, soit plusieurs décennies avant l’époque des « Grandes découvertes » des Européens.

reproduction des jonques de Zheng He ou « bateaux-trésors »

Après sa mort, les successeurs de l’empereur Yongle abandonnent sa politique d’ouverture au monde. Refroidie par le coût des explorations, le tabou confucéen autour du voyage et les menaces internes, la Chine se referme sur elle-même pour les siècles suivants.

Même si on parle du quartier chinois, les autres cultures qui cohabitent en Malaisie y ont laissé leur trace. Je visite ainsi la mosquée Kampong Kling, qui vaut le coup d’oeil pour son architecture traditionnelle malaise, que l’on voit paradoxalement peu dans le pays.

l’extérieur de la mosquée

Enfin, Chinatown abrite le musée du patrimoine Baba Nyonya. Baba Nyonya est l’autre nom de la communauté Peranakan issue des mariages mixtes entre Chinois et Malaises au XIXe siècle le long des côtes du détroit. On les retrouve aussi à Singapour, à Sumatra et à Penang, sous le nom de Peranakan.

le musée, à l’intérieur d’une ancienne demeure de commerçants

C’est l’heure de sauter dans mon bus pour quitter Melaka. Deux jours suffisent pour découvrir les principaux sites de la ville, très populaire auprès des touristes malaisiens comme étrangers.

on se voit bientôt 😉

CÔTÉ PRATIQUE

🚌 Rejoindre Melaka

Melaka est situé quasi à mi-chemin entre Kuala Lumpur et Singapour. Elle est très bien reliée au reste de la Malaisie, plusieurs fois par jour.

Il existe aussi des services directs mais moins fréquents de Melaka vers l’aéroport international de KL.

La gare routière Melaka Sentral est situé à l’extérieur de la ville, à une courte distance en taxi / Grab.

C’est la fin de ces trois semaines autour de la péninsule malaise mais mon voyage dans le pays n’est pas terminé pour autant ! Je m’envole pour l’île de Bornéo, tout autant réputée pour ses jungles impénétrables que pour ses plantations de palmiers à huile qui ont ravagé son environnement et mettent en danger la survie de son espèce emblématique : l’orang-outan. C’est le sanctuaire de Sepilok qui sera ma première étape, pour découvrir cet animal dans son milieu.

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