KAYSERİ & LE MONT NEMRUT – lever de soleil au sommet

🇹🇷 TURQUIEvoyage réalisé en juin 2022

Une météo pluvieuse sur la Cappadoce me décide à écourter mon séjour, pour mieux en profiter lors d’un prochain voyage en Turquie. Je revois donc mon itinéraire pour y inclure la ville de Kayseri et surtout un large détour au sud-est vers le mont Nemrut, Ce sommet dominant les hauts plateaux d’Anatolie est l’un des sites antiques les plus mystérieux et saisissants de Turquie, doté d’une vue exceptionnelle.

KAYSERİ

Avant de rejoindre le mont Nemrut, j’ai passé l’après-midi à Kayseri. La ville, une des plus importantes et des plus dynamiques du centre de l’Anatolie, est dominée par la silhouette ennuagée du mont Erciyes, C’est une éruption de ce volcan culminant à 3 916 mètres d’altitude et aujourd’hui éteint qui a modelé les paysages irréels de Cappadoce.

la mosquée Bürüngüz et le mont Erciyes en arrière-plan

Je passe les remparts qui encerclent la vieille ville et je m’enfonce dans les allées du bazar (Kapalı Çarşı).

Je remarque que les monuments de Kayseri sont construits en épaisse pierre grise volcanique, ce qui leur donne un aspect solennel et parfois franchement austère. C’est un style architectural typique de la dynastie seldjoukide, qui a prospéré dans cette région au Moyen-Âge. Un musée leur est consacré en ville mais je n’ai pas pu le visiter car fermé les lundis.

Camii Kebir, la grande mosquée

Au hasard de mes pas, je me retrouve dans une ancienne église arménienne (Surp Asdvadzadzin Kilise). Construite dans le même style austère que les autres monuments de la ville, elle est aujourd’hui désaffectée et transformée en bibliothèque. Souvenir d’un temps révolu où la Turquie abritait encore de nombreuses minorités.

entrée de l’église / bibliothèque

Après ce tour rapide de la ville, je finis par me poser dans un café situé dans un ancien han (caravansérail) pour terminer la journée. Le soir venu, je reprends mes affaires direction la gare pour embarquer dans un train de nuit vers la ville de Malatya.

LE MONT NEMRUT

Après une courte nuit de train, je débarque donc à Malatya, une ville anatolienne sans beaucoup de charme ou d’attrait touristique. On peut néanmoins retenir que Malatya et sa province produisent 85 % de la production mondiale … d’abricots secs. Original comme record…

Dans mon Lonely Planet, je récupère le contact d’un chauffeur de taxi hautement recommandé pour faire l’excursion au mont Nemrut le lendemain. Le rendez-vous est donc fixé avec Ramo : départ de Malatya à 1h du matin pour arriver au sommet pile avant le lever du soleil.

Après 2h de route dans la nuit noire, on arrive au bout de la route qui mène au sommet. Il n’y plus qu’à parcourir les derniers mètres vers le sommet dans le froid et la lumière bleutée de l’aube.

C’est dans ce décor exceptionnel que le roi antique Antiochos Ier de Commagène a choisi d’être enterré sous un tumulus à 2 200 mètres d’altitude. Il a fait décorer le sommet de statues monumentales des dieux grecs et orientaux. Un point de rencontre entre les cultures à l’image de la Turquie moderne finalement. Aujourd’hui, les têtes de ces divinités gisent à même le sol tandis que leurs bustes de pierre se dressent toujours sur la montagne.

Le paysage en contrebas, lentement révélé par le soleil qui émerge, est magnifique. Cette région, où naissent le Tigre et l’Euphrate, est un des berceaux de la civilisation.

Je fais le tour du sommet pour rejoindre la terrasse ouest, plongée dans l’ombre. Là encore, les têtes des statues des dieux de Commagène semblent garder le sanctuaire.

côté ouest

Après une bonne heure au sommet, c’est le moment de jeter un dernier regard au mont Nemrut et à ses mystères avant de reprendre la chemin de Malatya.

Sur la route du retour Ramo, qui est kurde, m’apprend quelques mots dans sa langue (qui ressemble fortement au persan) et me fait écouter de la musique traditionnelle. Surtout on parle de la situation du peuple kurde dans la Turquie d’Erdoğan, sans clichés ou tabous. La discussion est passionnante et le temps file en un éclair.

Le mont Nemrut faisait partie des sites phares que je souhaitais découvrir en Turquie et je ne regrette absolument pas ma visite. Avoir observé le soleil se lever sur cette région mythique vaut clairement le détour !

Rejoindre Kayseri

Kayseri est toute proche de la Cappadoce, l’aéroport de la ville étant l’un des deux desservant la région. Les bus et dolmuş relient régulièrement les villages de la région (principalement Göreme et Avanos) et le trajet prend environ une heure.

Rejoindre le Mont Nemrut

Trois cent kilomètres à l’est de Kayseri, le mont Nemrut peut se rejoindre par deux routes différentes : par le nord ou par le sud.

Depuis le nord, il faut d’abord rejoindre la ville de Malatya. C’est l’itinéraire que j’ai suivi, rallier la ville depuis Kayseri ou la Cappadoce étant facile par bus ou train. Pour rejoindre ensuite le mont Nemrut, je vous encourage vivement à contacter Ramo par WhatsApp au numéro suivant : +90 536 873 05 34 !

Pour atteindre le mont Nemrut depuis le sud, le plus simple est de rejoindre la ville de Kâhta, près d’Adıyaman. C’est une option plus pratique si on déjà dans le sud de la Turquie, comme à Gaziantep ou Şanlıurfa. Le village est bien plus proche du sommet que l’itinéraire nord donc pas besoin de partir aussi tôt que je n’ai dû le faire.

Attention à ne pas confondre le mont Nemrut avec le mont Nemrut ! Une autre montagne porte ce nom dans la région de Van à près de 300 kilomètres de là.

De retour à Malatya, c’est l’heure de reprendre la route pour moi. Je reprends ma découverte de la Cappadoce là où je l’avais laissée pour passer les derniers jours de mon voyage.

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