ŞANLIURFA – un bassin plein de légendes

🇹🇷 TURQUIEvoyage réalisé en juin 2022

Je poursuis ma découverte du sud-est turc avec la ville de Şanlıurfa, ou Urfa pour faire court. Encore une cités millénaires qui a porté bien des noms au fil de l’Histoire. Édesse, Riha, Orhai ou encore Osroès. Mais pour la tradition musulmane, c’est surtour Ur, la ville du prophète Abraham (ou İbrahim). Là où serait donc né le monothéisme et la foi de milliards d’humains sur Terre.

Vérité ou légende, l’histoire d’Urfa remonte dans tous les cas à la nuit des temps. Dans ses environs ont été mis au jour les ruines de Göbekli Tepe, le plus ancien lieu de culte connu au monde.

AUTOUR DU BALILKI GÖL

Au centre d’Urfa se trouve le parc de Gölbaşı et surtout le noyau symbolique de la ville, le bassin du Balıklı Göl. C’est le cœur des légendes de la ville. Le roi biblique Nimrod aurait ici dressé un bûcher pour punir Abraham de la destruction des idoles. Mais Dieu aurait transformé le feu en eau et les bûches en carpes… Carpes qui vivent toujours dans le bassin de nos jours, et sont considérée comme sacrées.

Balıklı Göl

De ce simple bassin orné d’arcades, il se dégage une sensation à la fois harmonieuse et sereine. Particulièrement quand le soleil décline et que la lumière joue avec les arcades couleur miel qui l’entourent. Cet endroit magique aura été le lieu le plus apaisant de mon voyage en Turquie.

Dans la mosquée attenante au bassi, je retrouve l’architecture en ablaq comme à Mardin. Cette alternance de pierres bicolores, claires et foncées, rappelle fortement la tradition syrienne ou les mosquées de Jérusalem.

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Derrière le bassin se dresse la mosquée Mevlid-i Halil, qui marque le lieu de naissance supposé du prophète.

En restant discret et respectueux, on peut accéder à la grotte en elle-même, où Abraham serait né. Comme Jésus à Bethléem. Les fidèles viennent prier et implorer dans ce lieu mystique. E

la cour et l’entrée de la grotte
l’intérieur de la grotte

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Hébron

Si les trois religions monothéistes ne sont pas d’accord sur le lieu de naissance d’Abraham, toutes considèrent sa sépulture à Hébron, en Cisjordanie.

L’architecture de la mosquée est un mélange intéressant entre le style de la région et les coupoles et minarets à la turque. Alors que l’intérieur en soit suit rigoureusement les principes de l’architectures religieuse ottomane.

intérieur de la mosquée Mevlid-i Halil

URFA KALESI

Au dessus de la mosquée se dresse une colline qui abrite à son sommet les ruines de la forteresse (Urfa kalesi). Elles étaient fermées lors de ma visite, mais les sentiers grimpant le long de la colline sont toujours accessibles.

C’est le long d’un de ces sentiers, dans une grotte réaménagée en restaurant, que je fais la rencontre de Mustafa. Originaire d’Alep, il a fui la Syrie et le conflit comme des millions d’autres. On discutera un long moment, de sa nouvelle vie ou de ses espoirs pour l’avenir.

la forteresse et ses colonnes

D’autres légendes liées à Abraham sont associées à la forteresse. Ainsi, les deux colonnes se dressant à son somment sont réputées être celles d’où il aurait été catapulté dans le bûcher de Nimrod…

AILLEURS DANS LA VIEILLE VILLE

Le reste de la vieille ville recèle plusieurs lieux intéressants comme un bazar plein de vie et des mosquées séculaires. C’est un plaisir de s’y perdre, en savourant l’ambiance des lieux, l’influence à la fois turque et moyen-orientale.

Ulu Camii

L’occasion aussi de déguster un knafeh, une pâtisserie levantine composée de fromage, de cheveux d’anges et de litre de sirop, avec quelques pistaches dessus pour décorer. J’en suis littéralement accro !

bazar d’Urfa

GÖBEKLI TEPE

Si Urfa est le berceau de croyances parmi les plus vieilles de l’humanité, on a aussi retrouvé dans ses environs les temples de Göbekli Tepe. C’est aujourd’hui le plus ancien lieu de culte jamais découvert au monde.

Au cœur de cette mystérieuse « colline ventrue » comme se traduit le nom en turc, les archéologues ont exhumé un complexe de plusieurs temples mégalithiques, décorés de gravures d’animaux et dont les parties les plus anciennes remonteraient à 10 000 ans avant notre ère. Oui ça date…

Avant d’entrer sur le site en lui-même, un musée très bien conçu présente l’histoire de Göbekli Tepe. Selon certains archéologues, c’est pour pouvoir nourrir les nombreux pèlerins rassemblés autour de Göbekli Tepe que les habitants de la région ont délaissé leur mode de vie traditionnel de chasseurs-cueilleurs pour passer à un modèle d’agriculture sédentaire et à une nouvelle ère : le Néolithique.

stèles gravées

L’origine d’une révolution capitale pour l’histoire humaine pourrait donc se trouver ici, ce qui explique que les autorités turques considèrent le site comme le « point zéro » de l’histoire. Même si la réalité historique est sans doute plus complexe, le symbole est là.

LES MUSÉES D’URFA

Vu la richesse archéologique de la ville, il est logique d’y trouver d’excellents musées. Le tout nouveau Şanlıurfa Arkeoloji Müzesi (musée archéologique de Şanlıurfa) inauguré en 2014 offre un excellent panorama historique, depuis l’époque de Göbekli Tepe jusqu’à l’arrivée des Turcs en Anatolie.

Juste à côté, un ancienne villa romaine a été mise au jour par les archéologues il y a une dizaine d’années. Richement décorée en mosaïques toutes en nuances. On peut les découvrir en visitant le musée correspondant, Haleplibahçe Mozaik Müzesi.

On y découvre des motifs finement travaillés. Animaux exotiques ou scènes mythologiques nous font revivre le faste de l’époque romaine.

zèbre
Chiron le centaure

C’est à regret que je quitte Urfa. La ville a été un vrai coup de cœur, difficile à expliquer. Le genre de ville où, à peine parti, je savais déjà que j’y retournerai un jour. Si vous souhaitez découvrir ce coin de Turquie, c’est sans aucun doute une étape à ne pas manquer !

à bientôt Urfa

CÔTÉ PRATIQUE

🚌 Rejoindre Urfa

Urfa se situe au croisement de plusieurs routes desservant les principales villes du sud-est turc : Gaziantep, Mardin ou encore Diyarbakır. Toutes ces destinations sont accessibles en 2 à 3 heures de bus. Urfa est aussi une base pratique pour rejoindre Adıyaman et de là le village de Kâhta, d’où on peut atteindre le mont Nemrut par son versant sud.

Tous ces bus partent de la gare routière principale (otogar), excentrée au nord de la ville. De là, le bus n°XX rallie le centre-ville.

Pour rejoindre İstanbul, İzmir ou Ankara, des vols directs permettent d’éviter de très longues heures de trajet en bus. L’aéroport de Şanlıurfa est situé assez loin de la ville mais le trajet en bus depuis le centre est inclus pour tous les vols.

Après cette étape, mon voyage en Turquie se poursuit bien loin du sud-est aride. Direction la côté égéenne pour découvrir les douceurs d’İzmir et les ruines d’Éphèse.

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