
🇮🇷 IRAN – voyage réalisé en juin 2019
همدان

En arrivant de Qazvin, je poursuis ma découverte de l’ouest de l’Iran en me rendant à Hamedan. Ville provinciale rarement visitée par les touristes étrangers en Iran, Hamedan a pourtant une importance historique majeure. Autrefois appelée Ecbatane, une des capitale de l’antique empire perse, la ville a peu à peu été délaissée au fil des siècles, excentrée par rapport au reste du pays.
DANS CET ARTICLE
LE TOMBEAU D’ESTHER ET MORDEKHAÏ
مقبره استر و مردخای
Hamedan abrite le tombeau vénéré comme étant celui d’Esther et son oncle Mordekhaï / Mardochée, les deux protagonistes du livre biblique d’Esther, qui est le seul épisode à se dérouler en Iran, à l’époque de l’empire perse achéménide.
Si la réalité historique du lieu est fortement discutée, le tombeau reste néanmoins l’un des lieux les plus sacrés pour les juifs d’Iran (avec le tombeau du prophète Daniel, à Suse près de la frontière irakienne) et surtout un témoignage tangible de leur présence continue dans le pays depuis des millénaires, malgré les agitations de l’histoire.



Aujourd’hui, la communauté juive de Hamedan ne se comptent plus que sur les doigts d’une main. La majorité d’entre eux ont rejoint Téhéran ou quitté totalement le pays. Parmi les derniers résidents juifs de la ville, le rabbin (qui maîtrise le français) qui, malgré son âge avancé, garde le tombeau et le fait visiter aux touristes de toutes religions, principalement Iraniens.

Le bâtiment en lui-même, tout en briques, compte deux pièces : une salle de prières, la dernière en activité à Hamedan, et le mausolée en lui-même, qui abrite côte à côte les tombeaux d’Esther et de Mordekhaï.



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AILLEURS DANS HAMEDAN
La ville est organisée autour de sa place centrale, la place de l’imam Khomeiny (comme c’est original) de laquelle les six avenues du centre rayonnent. Il est donc facile d’y prendre ses repères. Ce modèle d’urbanisme peu courant en Iran est l’œuvre d’un architecte allemand, Karl Frisch, qui réorganisa la ville dans les années 1920. Quant à l’ancienne ville d’Ecbatane, il n’en reste aujourd’hui qu’un champ de ruines au nord du centre-ville. Difficile de s’imaginer la splendeur de la ville à l’époque.

Comme dans toutes les villes iraniennes, le centre est organisé autour de la mosquée du Vendredi (masjed-e jâmeh en persan), datant du XIXe siècle, et du bazar couvert.


Parmi les quelques autres sites dignes d’intérêt en ville, on trouve le tombeau d’Avicenne. Appellé Ibn Sina en arabe et en persan, cet érudit originaire de Boukhara a révolutionné la médecine et la philosophie et son influence s’est faite sentir durant tout le Moyen-Âge dans le monde musulman comme en Occident.

Aujourd’hui on ne peut pas dire que le monument au-dessus de sa sépulture, une tour en béton de 28 mètres de haut datant des années 1950, ne soit une grande réussite esthétique de mon point de vue.


Au pied de la chaîne du Zagros, Hamedan a auprès des Iraniens la réputation d’être la ville la plus froide du pays. Si en ce mois de juin les températures sont tout à fait douces, je me prendrai néanmoins sur la tête une averse diluvienne pendant mon exploration de la ville, la seule pluie pendant ces trois semaines dans ce pays aride.

Après Hamedan, je poursuis ma route en Iran vers la ville de Qom. Au sud de Téhéran, c’est l’une des villes les plus religieuses et conservatrices du pays.




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