QOM – parmi les mollahs

🇮🇷 IRAN voyage réalisé en juin 2019

S’il y a un endroit en Iran où l’on ressent le côté ultraconservateur du pays et la puissance du régime, c’est bien Qom. À deux heures au sud de Téhéran, sur la route principale qui traverse le centre de l’Iran, rares sont les touristes occidentaux qui s’y rendent. Avec Mashhad, c’est pourtant l’une des villes saintes de l’Iran et elle abrite d’innombrables écoles religieuses ayant formé pendant des siècles le clergé chiite, dont Khomeiny lui-même.

J’ai beaucoup hésité avant de visiter Qom. Son importance religieuse en fait l’une des villes les plus conservatrices du pays et le sanctuaire en lui-même est d’abord et avant tout un lieu de pèlerinage : les touristes et leurs appareils photos en bandoulière n’y sont pas forcément les bienvenus et plusieurs espaces sont strictement réservés aux fidèles. Pour éviter tout faux pas et toute situation gênante, j’ai opté pour une visite guidée avec une guide indépendante (dont j’ai honteusement oublié le nom).

ARRIVÉE À QOM

Petit point religieux pour bien suivre : si la ville est aussi sainte, c’est car elle abrite le mausolée de Fatima Massoumeh, la sœur du huitième imam chiite, Ali Reza (dont le mausolée se trouve à Mashhad). Sans trop rentrer dans les détails théologiques, le culte des douze imams, descendants directs de Mahomet, est l’un des fondements de l’islam chiite iranien. Chaque ville iranienne ou presque possède un emâmzâdeh, un tombeau d’un de leur descendants mais c’est à Qom et à Mashhad qu’on trouve les plus impressionnants. Mashhad étant isolée tout au nord-est du pays, c’est logiquement à Qom que le clergé chiite iranien s’est centralisé. Quant aux autres imams, leurs sépultures se trouvent à Médine en Arabie saoudite et surtout en Irak ; elles font l’objet de pèlerinages majeurs.

En arrivant en ville, l’ambiance est bien différente de ce que j’avais vu jusqu’ici en Iran. Les hommes sont quasiment tous des mollahs enturbannés ou des pèlerins venus de tout le pays, d’Irak ou du Pakistan ; les femmes portent quasiment toutes le tchador (voile noir ample couvrant tout le corps). Pas de doutes, on est bien du côté orthodoxe du pays.

LE SANCTUAIRE DE FATEMEH MA’SOUMEH

Après avoir retrouvé ma guide, on se dirige tout d’abord vers le cœur de toute cette ferveur religieuse : le sanctuaire Hazrat-e Fatemeh Ma’soumeh. Sur le chemin, on croise dans les rues de nombreux groupes de pèlerins venus de toutes les régions d’Iran mais aussi d’Irak ou du Pakistan.

On pénètre ensuite dans le sanctuaire en lui-même, composé de plusieurs cours et d’innombrables minarets et dômes recouverts d’or. C’est vraiment beau, et la dévotion palpable des pèlerins rend l’ensemble encore plus impressionnant.

la cour principale, donnant accès au mausolée en lui-même

Un étudiant religieux passera un long moment à discuter avec nous autour d’un thé, en me vantant les mérites et vertus du chiisme. Cette démarche prosélyte, que j’ai vécue dans plusieurs sanctuaires musulmans, m’a toujours mise extrêmement mal à l’aise, d’autant plus dans un lieu sensible comme ici. Finalement, la conversation s’achève poliment.

Ayant un physique « qui passe », ma guide m’encourage à aller jeter un œil à l’intérieur du mausolée, sans mon appareil photo évidemment. Beaucoup de ferveur à l’intérieur, aux murs décorés de milliers de fragments de miroirs. J’y reste discrètement pendant quelques minutes, avant de ressortir dans la cour inondée de soleil.

On quitte ensuite l’enceinte du sanctuaire pour visiter rapidement le petit musée de la ville, qui expose des objets religieux et archéologiques. Et des timbres aussi, parce que pourquoi pas ? On passe aussi devant la mosquée moderne Hassan Askari, mais impossible de la visiter : elle sert actuellement de centre d’examen pour les étudiants en religion de la ville.

mosquée Hassan Askari

LE BAZAR DE QOM

Passage obligé dans toute ville iranienne : le bazar. Ma guide me conduit à travers ses allées, semblables à tant d’autres bazars en Iran. J’y fais quand même une nouvelle découverte culinaire : le sohân, un biscuit typique de la ville, parfumé au safran et à la cardamome. Miam !

un bazar comme tant d’autres

Au fil des allées, on arrive au timcheh, l’endroit le plus impressionnant et le plus photogénique du bazar, avec son enchaînement de trois dômes décorés.

le timcheh du bazar
hypnotisant, comme souvent avec l’architecture en Iran

CÔTÉ PRATIQUE

Venir à Qom

Située sur la route principale qui mène va de Téhéran à Chiraz, Qom se rejoint facilement. On peut soit y aller à la journée depuis Téhéran ou Kashan, soit y faire une halte entre les deux. Pas vraiment besoin de passer la nuit ici.

Voilà pour cette journée qui m’a permis de plonger au cœur de l’Iran des mollahs. Je reprends ensuite la route en direction du sud vers Kashan, ma prochaine étape, une ville traditionnelle aux portes du désert.

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