
🇨🇱 CHILI – voyage réalisé en janvier 2024

Deux heures de vol depuis Santiago et je débarque à San Pedro de Atacama. Coincé entre entre le désert le plus aride du monde et les sommets des Andes, ce village est l’un des plus anciens du pays.
Surtout, c’est d’ici qu’on peut partir en excursions à la découvrir de paysages parmi les plus extraordinaires que le continent sud-américain ait à offrir, attirant une foule de backpackers et de touristes.
DANS CET ARTICLE
LE VILLAGE DE SAN PEDRO
Je commence par explorer le village de San Pedro en lui-même. Écrasé par le soleil brûlant du désert et dominé au loin par les sommets volcaniques, dont le cône quasi-parfait du Licancabur, il est situé sur le plateau de l’Atacama à près de 2 400 mètres d’altitude. Les premiers jours, le manque d’oxygène se fait légèrement ressentir mais je m’y acclimate rapidement.

Avant d’être un aimant à backpackers, San Pedro de Atacama est aussi un des plus anciens villages du Chili, fondé au tout début de la conquête espagnole. De cette époque, il a gardé sa vieille église qui se dresse au centre du village.


Avant d’être transformé par le tourisme, le village était peuplé par des Aymaras, dont le drapeau coloré à carreaux (wiphala) flotte toujours dans les rues en adobe du centre. Aujourd’hui, on y trouve surtout un tas d’agences organisant les excursions pour explorer les paysages extraordinaires qui entourent San Pedro.

Toutes proposent les mêmes excursions groupées et, vu le niveau de concurrence, s’alignent quasiment aux mêmes prix. De plus, elles offrent généralement une réduction si vous effectuez plusieurs tours avec elles. Vu tout ce qu’il y a à voir autour de San Pedro ça vaut le coup !

Pas d’autre solution pour explorer la région malheureusement, à moins de disposer de son propre véhicule. Toutes les excursions se font en minibus. De mon côté, je suis passé directement par mon hostel pour arranger mes excursions, je donne les détails en fin d’article.
VALLE DE LA LUNA & VALLE DE LA MUERTE
L’après-midi, je pars découvrir pour la vallée de la Lune (valle de la Luna) et la vallée de la Mort (valle de la Muerte). Cette excursion est l’une des plus populaires : proche du village, elle permet de découvrir les étonnants paysages du désert d’Atacama. Aussi, cela fait sens de la réaliser en tout premier car elle reste autour des 2 400 mètres d’altitude. C’est donc parfait pour acclimater son corps en douceur au manque d’oxygène avant de partir pour une autre excursion plus haute et donc plus exigeante à ce niveau.
Avant d’entrer dans la vallée en elle-même, on marque un rapide arrêt au centre d’information de la valle de la Luna. Le guide est plutôt sympathique mais, notre groupe étant composé quasi-exclusivement de Brésiliens, il s’adresse à nous dans un mélange d’espagnol et de portugais. Pas facile à suivre.


Une fois repartis, on suit un court moment la piste qui s’enfonce dans la vallée désertique qui formait l’ancienne route vers Calama, jusqu’à en atteindre le bout, où se trouve le site des Tres Marías (les « Trois Maries »). D’étonnantes formations géologiques nommées ainsi car les premiers explorateurs ont cru y voir trois silhouette féminines en prière, les mains levées vers le ciel. Et un T-Rex sur le côté d’après moi, parce que pourquoi pas ?

On se remet ensuite en route, faisant demi-tour pour atteindre l’arrêt suivant : Mina Victoria. Ici était récolté le sel, qui affleure à même le sol et qui servait notamment au tannage des peaux.

On poursuit notre route à travers la valle de la Luna vers le site suivant : El Amfiteatro ; un amphithéâtre de pierre dessiné par l’érosion. Vu que la pluie ne tombe ici que deux semaines par an, au cours du mois de février, c’est bien des millions d’années qui ont permis de former ces paysages.


On rejoint ensuite une dune toute proche. Le sable n’aide pas à l’ascension mais du somment, le panorama sur ce paysage totalement minéral vaut le coup !

On quitte ensuite la valle de la Luna pour la vallée voisine, valle de la Muerte ou valle de Marte selon certains. C’est l’heure de partager un cocktail face aux volcans.

Ce sympathique moment achevé, on reprend une nouvelle fois le minibus vers le dernier arrêt de ce tour : la Piedra del Coyote.

De ce point de vue imprenable sur le désert, on assiste au majestueux coucher du soleil, qui tire finalement sa révérence sous les applaudissements des centaines de touristes venus admirer le spectacle. C’est l’heure de rentrer au village prendre du repos avant une nouvelle journée de découvertes…

PIEDRAS ROJAS
Pour mon deuxième jour à San Pedro, je pars pour le tour de Piedras Rojas, qui permet d’explorer la région au sud du village. C’est l’un des plus longs proposés par les agences, avec une distance totale de près de 350 kilomètres.
Comme hier, le minibus de l’agence vient me récupérer devant l’AJ. Le groupe est à nouveau majoritairement composé de Brésiliens mais cette fois heureusement le guide s’exprimera en espagnol !

On se dirige vers le premier arrêt de cette journée : la laguna Chaxa, située à une petite heure du village. Ce plan d’eau situé au milieu des étendues salines et arides du désert d’Atacama attire des centaines de flamants, venus se nourrir des micro-crevettes qu’il abrite.

Les trois espèces de flamants chiliens
Trois espèces différentes de flamants habitent les hauts plateaux andins. Le flamant du Chili est la plus aisément reconnaissable, c’est le plus grand d’entre tous.



Le flamant de James est le plus petit mais ça ne suffit pas forcément à le distinguer de son cousin, le flamant des Andes. La clé pour les reconnaître ? Les pattes du premier sont roses alors que celles du second sont jaunes.

Après un tour rapide et pas mal de photos, on remonte dans le minibus pour aller vers notre prochain arrêt. En bord de route, en plein milieu des étendues désertiques se dresse un grand panneau informant nous informant qu’ici même passe le tropique du Capricorne.

Photo souvenir devant le panneau obligatoire ! C’est aussi ici qu’on mange un rapide petit-déjeuner avant de repartir pour la suite de la journée. On quitte le désert pour nous enfoncer dans la cordillère montagneuse. On traverse rapidement le village de Socaire. Dominant l’Atacama, il vit de l’exploitation du lithium. À 3 260 mètres d’altitude, c’est déjà plus haut que mon trek au Népal de l’an dernier, et on va continuer d’exploser les records au fil des prochains jours !

Le décor et sa palette de couleur se sont totalement transformés, en passant du désert à la montagne. On s’arrête au milieu de nulle part, à 3 900 mètres d’altitude, pour apprécier ce paysage de l’Altiplano. En reprenant la route, on croise sur le bord nos premières vigognes d’une très longue série.



On atteint ensuite les Lagunas Altiplánicas. Ces deux lacs portant les jolis noms de Miscanti et Miñiques sont situées à près de 4 200 mètres d’altitude soit le point le plus haut de note tour d’aujourd’hui.

En reprenant la route, on aperçoit un nandou de Darwin ou sinu. Cet oiseau semblable à une petite autruche parcourt les hauts plateaux. Incapable de voler, il échappe aux prédateurs en courant et utilisant ses ailes pour zigzaguer.

À l’heure du déjeuner, on atteint enfin l’objectif final de notre excursion du jour : le salar d’Aguas Calientes, aussi connu sous le nom de Piedras Rojas.

Modelé par les éruptions volcaniques, ce magnifique décor minéral dégage une véritable impression d’immensité. Mis à part notre groupe, aucune âme qui vive à l’horizon et probablement sur des kilomètres.

Ces « roches rouges » comme leur nom l’indique, car riches en fer, sont un point d’orgue de cette journée chargée en découvertes et où l’appareil photo comme son propriétaire en ont pris plein la vue !



C’est l’heure de reprendre la longue route du retour vers San Pedro, fatigué par cette grosse journée mais avec pleins d’images en tête et dans la carte mémoire.
LES GEYSERS D’EL TATIO
Réveil extrêmement matinal en ce troisième jour pour entreprendre l’excursion qui mène vers les geysers d’El Tatio. On quitte le village vers 05h30 pour rejoindre le site, situé à moins de deux heures de route et près de 4 350 mètres d’altitude.

En arrivant sur le site, il fait à peine 4°C, ce qui est plutôt chaud, la température pouvant facilement atteindre les -10°C sur ce plateau à 4 350 mètres d’altitude. On voit déjà les geysers cracher leur panache de vapeur.


Le bien nommé El Asesino est le plus grand geyser du site, crachant régulièrement sa vapeur. Altitude oblige, l’eau des geysers ne bout qu’à 85°C.



Après un bon moment sur le plateau, on se dirige vers un point de vue avoisinant pour prendre notre petit-déjeuner dans ce cadre incroyable, accompagné par les vigognes, avant de reprendre la route du retour vers San Pedro.

Sur le chemin, on s’arrête dans un minuscule village qui porte le sympathique nom de Machuca. À 4 000 mètres d’altitude, il ne compte que 7 habitants permanents.

Pour un village aussi modeste, il abrite néanmoins la plus vieille église du Chili, datant de 1538, qui accuse largement son âge vénérable.

Au centre du village, un habitant nous propose de se faire prendre en photo avec un bébé lama. Juste à côté, un autre vend des brochettes du même animal, laissant peu de suspense quant au sort qui lui sera réservé… Andes oblige, on propose également des verres de mate de coca, infusion à base de feuilles de coca réputée pour prévenir le mal d’altitude.

Avant de reprendre pour de bon la route de San Pedro, on effectue un dernier arrêt au bord d’une lagune peuplée de flamants, que l’on peut observer d’extrêmement près. À la mi-journée, nous sommes de retour au village.
TOUR ASTRONOMIQUE
Pour mon dernier soir à San Pedro, j’entreprends un voyage plus loin que je ne suis jamais allé, à des millions de kilomètres de notre planète. Le désert d’Atacama, où il ne pleut presque jamais et où les grandes villes sont loin offrent en effet les meilleures conditions au monde pour l’observation astronomique, loin de toute couverture nuageuse ou pollution lumineuse.

La soirée débute presque à la sortie de San Pedro, au musée des Météores. Beaucoup de ces cailloux célestes ont été retrouvés aux environs du village, faciles à repérer dans cet environnement minéral. On commence par faire un tour du musée avec audioguide. Mieux vaut s’accrocher pour suivre car le contenu scientifique présenté est assez intense.

Une fois cette visite terminée, la nuit est tombée et on peut partir à quelques kilomètres de la ville pour commencer l’observation. En plus de la contemplation de la voûte céleste, le tour nous permet d’admirer, au travers de télescopes de qualité professionnelle, la Lune, Jupiter et quatre de ses lunes galiléennes mais aussi la nébuleuse d’Orion situé à 1 400 années-lumière de nous et finalement l’amas stellaire 47 Tuc, à 14 000 années-lumière aux confins de notre galaxie. Sacré périple !
Seul bémol à cette soirée riche en observations : le ciel étoilé en lui-même n’était pas aussi étincelant qu’il aurait pu l’être. La faute à la Lune, quasi pleine ce soir-là, dont la lumière intense masque celle des étoiles. D’ailleurs, les tours sont suspendus les soirs de pleine Lune pour cause de réverbération lumineuse trop intense. À vérifier pour en tenir compte si vous préparez votre itinéraire !
RUTA DE LOS SALARES
Le lendemain, c’est déjà mon dernier jour à San Pedro. Et qui dit dernier jour dit aussi dernière excursion ; en l’occurrence la ruta de los Salares. Ce trajet suit la route qui quitte le village vers l’est et la frontière argentine.
Le guide de notre groupe d’aujourd’hui s’appelle Patricio et c’est clairement le meilleur que j’ai eu durant ces quatre jours : plus qu’un simple accompagnateur de touristes, c’est un vrai amoureux de ses montagnes et un puit de connaissances scientifiques. C’est un vrai plaisir de parcourir la route avec lui. Vous pouvez le retrouver directement sur Instagram :

Peu après le départ, on passe plus proche que jamais du cône parfait du Licancabur. La raison de cette perfection est simple : il n’a encore jamais connu d’éruption. En espérant qu’il continue à se tenir tranquille.
On continue à rouler dans ce décor minéral en direction de l’Argentine, en passant même à plus de 4 800 mètres d’altitude soit le point le plus haut de ce voyage. Quasiment l’altitude du Mont Blanc mais heureusement mon corps a eu le temps de s’acclimater et je ne souffre pas du mal d’altitude.

Après une bonne heure de route, au beau milieu de rien, on arrive finalement en surplomb de la laguna Quisquiro, où on s’arrête prendre notre petit-déjeuner dans ce paysage grandiose. Évidemment, le tableau ne serait pas complet sans les désormais classiques flamants et vigognes.

Une petite viscacha, sorte de mélange improbable entre une gerbille et un lapin vient nous tenir compagnie.


Après ce petit-déjeuner dans ce cadre exceptionnel, tout proche de la frontière argentine, on repart dans l’autre sens. Curiosité suivante où l’on s’arrête : les formations géologiques des Monjes de la Pacana.

Là encore, ce décor étonnant a été dessiné par des milliers et des milliers d’années d’érosion ; le long desquelles les éléments ont joué avec les roches pour créer ce paysage étonnant.


Le dernier arrêt de ce dernier tour se fait à la Laguna Diamantina, une lagune quasi-translucide qui n’a pas volé son nom. Un dernier groupe de vigognes se laissera observer avant qu’on reparte vers San Pedro.

CÔTÉ PRATIQUE
🛬 Rejoindre à San Pedro de Atacama
Pour arriver à San Pedro depuis Santiago, le plus efficace est de prendre l’avion jusqu’à l’aéroport de Calama CJC. Le vol dure environ 02h30. On peut passer par la compagnie nationale LATAM ou les low-costs Sky Airline et jetSmart.
La gare routière se situe non loin de la place principale. Mieux vaut prendre son billet avec un peu d’avance, les bus sont parfois pleins.
Il faut généralement repasser par Calama pour rejoindre d’autres destinations. Il existe cependant une liaison directe de San Pedro vers Salta, en Argentine. On peut aussi rejoindre la Bolivie, soit en bus, soit par une excursion vers Uyuni.
🛏️ Où dormir ?
Casa Voyage Hostel
🍴 Où manger ?
Roots
Franchuteria
Boulangerie tenue par un Français, qui offre notamment de très bons sandwichs, ou un cadre agréable pour prendre un verre.
Inca’s Restaurant
Restaurant péruvien du centre de San Pedro, pour changer un peu de la cuisine chilienne.
🚐 Excursions
Petit tableau récapitulatif et indicatif des tarifs des différentes excursions, qui ne prend pas en compte les réductions accordées si l’on en fait plusieurs avec la même agence.
| excursion | prix en pesos chiliens (CLP) | équivalent en euros |
| Valle de la Luna | 45 000 $ | 42 € |
| Piedras Rojas | 90 000 $ | 84 € |
| El Tatio | 45 000 $ | 42 € |
| Tour astronomique | 35 000 $ | 34 € |
| Ruta de los Salares | 50 000 $ | 48 € |
Je quitte San Pedro avec des images plein la tête de ces paysages incroyables, d’une austère beauté. Je rejoins Calama pour une longue nuit de bus vers ma prochaine étape, La Serena. Changement radical d’ambiance dans cette ville côtière, située près de mille kilomètres plus au sud, au bord des vagues du Pacifique.










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