MINSK – retour en URSS ?

🇧🇾 BIÉLORUSSIEvoyage réalisé en mai 2025

Mon escapade en Biélorussie m’emmène à Minsk, capitale de ce pays peu connu. À défaut d’être une belle ville, elle est fascinante à découvrir. L’héritage de la période soviétique parsème l’ensemble de la ville et est célébré de partout.

LE CENTRE DE MINSK

Les Portes de Minsk sont le premier monument qui m’accueillent dans la capitale biélorusse. C’est d’ailleurs exactement dans ce but qu’elles ont été construites ! Pas pour m’accueillir personnellement évidemment mais tous les nouveaux arrivants à Minsk.

les portes de Minsk

Comme la quasi-totalité du centre de Minsk, elles ont été construites peu après la guerre. Staline voulait alors faire de cette ville en ruines le symbole de la puissance du monde soviétique. Situées piles en face de la gare ferroviaire, elles souhaitent donc la bienvenue à tous les arrivants et sont devenues un des symboles de la ville.

place de l’indépendance

Juste derrière se trouve la place de l’Indépendance ou ploshtcha Nezalejnastsi, cœur de la ville et du pouvoir. Elle est encadré de bâtiments gouvernementaux austères et menaçants. Notamment le palais du gouvernement lui-même, devant lequel trône bien évidemment la statue de Lénine. Je prends des photos discrètement, on ne sait jamais.

Au milieu de la place se dresse un autre symbole de Minsk : l’église Saint-Simon-et-Sainte-Hélène. Son style néo-roman en briques détonne au milieu du béton et du brutalisme soviétique environnant. Construite au tout début du XXe siècle pour les catholiques de la ville, elle s’est retrouvée intégrée à la place lors de la reconstruction de la ville.

De la place de l’Indépendance part très logiquement l’avenue de l’Indépendance, ou praspekt Nezalejnastsi. Le long de cet axe s’égrènent les bâtiments officiels pompeux.

sur la gauche, le siège du KGB local …

Comme on peut le voir sur les photos, le temps a été détestable durant quasi tout mon séjour en ville. Pour fuir un peu la pluie, je visite le Musée national des beaux-arts de Biélorussie, situé avenue Lénine. Il expose une vaste collection de toiles, principalement d’artistes russes. Ce qui à ce stade de l’article ne devrait plus étonner personne.

Catherine II

Normalement je ne suis pas très peintures, mais j’ai été plutôt séduit par les œuvres exposées, que ce soit la peinture classique ou les fresques soviétiques.

Autre grande place du centre de Minsk : la place d’Octobre. Encore une grande place bordée de béton, dans le plus pur style soviétique.

oh, enfin du ciel bleu

Sur le côté de la place, au sous-sol du « palais de la culture », je jette un œil au Mini Museum. Comme son nom l’indique, il expose des maquettes des principaux monuments du pays. Intéressant pour découvrir le patrimoine national, surtout si on n’a pas l’occasion de bouger ailleurs qu’à Minsk. Par contre le prix est assez élevé et l’option « réalité virtuelle » dispensable.

Depuis la place d’Octobre, on rejoint facilement les la vieille ville de Minsk située juste derrière.

VERKHNI GORAD & TRAJECKAJE PRADMIESCIE

Lovés entre ses grandes avenues, Minsk abrite quelques quartiers « anciens », ou au moins reconstruits dans cet esprit après la guerre. Verkhni Gorad, la « vieille ville », occupe quelques rues entre deux grandes avenues et la rivière Svislach, qui traverse la ville.

l’hôtel de ville

On ne peut pas dire que la reconstruction ait été faite avec une grande subtilité. Quelques rues sont plutôt sympathiques mais l’ensemble manque de vie et ressemble parfois plus à un parking qu’autre chose.

Le seul monument marquant du quartier est la cathédrale du Saint-Esprit, le principal lieu de culte orthodoxe de Minsk. Plutôt jolie, les croyants y viennent prier à toute heure de la journée. Pas de photos à l’intérieur.

Juste en face se trouve peut-être le restaurant KFC les plus original au monde ! La raison ? Pas la qualité de nuggets mais bien la sculpture massive en béton qui le surplombe, à la gloire du prolétariat éternel !

cathédrale de la Vierge Marie

De l’autre côté de l’avenue Niamiha un autre quartier, Rakauskaje,a gardé quelques rues jolies. Pour le coup, ce quartier semble moins « fake », mais on en fait vite le tour.

rue de Rakauskaje

Enfin, de l’autre côté de la Svislach, le quartier de Trajeckaje, le « faubourg de la Trinité », mérite un rapide coup d’œil. Pas bien vivant non plus mais légèrement moins aseptisé que la vieille ville.

Ses anciens bâtiments restaurés abritent quelques petits musées. À moins d’être un fan inavoué de l’écrivain biélorusse Bahdanovitch, ils ne présentent pas grand intérêt pour les touristes étrangers.

Les façades pastel rappellent la Pologne et les berges de la rivière dans ce coin sont très agréables pour se promener. Un immeuble massif d’une vingtaine d’étages, véritable monstre de béton, domine le quartier.

Posée sur la rivière, l’île des Larmes mérite le détour. Elle abrite un monument aux soldats biélorusses morts en Afghanistan. C’est aussi un spot sympathique en fin de journée, pour admirer le coucher de soleil sur la ville.

LE MUSÉE DE LA GRANDE GUERRE PATRIOTIQUE

Победа ! Минск город-герой !

Pobeda ! Minsk gorod geroi !

« Victoire ! Minsk, ville héroïque ! »

Minsk, ville héroïque

Voilà les slogans affichés un peu partout en ville. Surtout en cette fin mai 2025, où l’on vient de commémorer les 80 ans de la fin de la Seconde guerre mondiale en Europe. La « Grande guerre patriotique » comme on l’appelle ici joue un rôle central dans l’identité nationale soviétique, puis russe ou biélorusse. Minsk, occupée par les nazis de 1941 à 1944, y a payé un très lourd tribut.

Pour comprendre non seulement cette page d’histoire mais aussi et surtout ce qu’elle représente pour la Biélorussie d’aujourd’hui, je visite le musée de la Grande guerre patriotique, à quelques arrêts de bus de la vieille ville. Le curseur soviétique est évidemment poussé à l’extrême ici. Au point que c’est bien le drapeau rouge de l’URSS qui flotte sur le dôme du musée. L’ambiance est posée.

Pour les (ex-)Soviétiques, la guerre commence en mois 1941 avec l’invasion allemande. Évidemment, le « pacte d’amitié germano-soviétique » est passé sous silence. Le début de la visite présente surtout des répliques de chars d’assaut, chasseurs de combats et autre lance-roquettes Katioucha. Je remarque un groupe de vétérans en visite, assez âgés et bardés de médaille. Difficile de ne pas être ému en pensant aux souvenirs que doit leur procurer cette visite.

Les salles annexes sont plus instructives, présentant la prise de Minsk et la vie sous occupation le siège de Leningrad, la Shoah par balles ou encore la résistance des Partisans biélorusses. Tout est traduit en anglais, ça mérite d’être signalé. Là encore, comprendre l’histoire telle que vue par le « bloc de l’Est »

La visite se conclut en apothéose sous le dôme du monument, dans le « hall de la Victoire », dans le marbre blanc et les dorures. Il faut bien leur reconnaître un talent certain pour la mise en scène !

Voilà pour cette visite de Minsk. Clairement pas la plus belle destination d’Europe et avec un temps qui n’était pas de la partie pendant tout le voyage ! L’intérêt est ailleurs : héritage soviétique, musées et essayer de comprendre la Biélorussie d’aujourd’hui.

CÔTÉ PRATIQUE

🚌 Rejoindre Minsk

Les bus desservent de nombreuses villes du pays mais généralement le train est plus pratique. En revanche, pour arriver/quitter le pays depuis l’Europe, c’est bus obligatoire.

gare routière de Minsk
gare de Minsk

Quant au train, il permet de relier les grandes villes du pays comme les villages. La plupart poursuivent leur trajet en Russie. Encore faut il avoir le bon visa.

Les gares routières et ferroviaires sont côte à côte en centre-ville, juste en face des Portes de Minsk.

Plus de détails sur les transports en Biélorussie dans le récap’ du pays (à paraître).

🚏 Se déplacer dans Minsk

On se déplace facilement à pied dans le centre de Minsk. Mais pour raccourcir un peu les distances, le réseau de transports publics est bien pratique. Les trajets en bus ou en métro coûtent 1 rouble et le ticket / jeton s’achète à l’entrée.

métro de Minsk

Comme dans d’autres anciennes capitales soviétiques, prendre le métro à Minsk est une découverte en soi.

🛏️ Où dormir ?

Je ne m’attendais pas à trouver une AJ aussi qualitative en Biélorussie mais le Urban Hostel fait très bien le job !

Sanctions obligent, l’AJ n’est pas référencée sur Booking. Pour réserver (et payer), il faut passer directement sur leur site.

🍴 Où manger ?

Vasilki

Une chaîne qui propose des plats traditionnels biélorusses, avec plusieurs adresses dans Minsk. Les dranikis (galettes de pommes de terres frites) sont à ne pas manquer !

Masala

Pour changer une peu, ce restaurant indien très correct dans Trajeckaje propose des repas très corrects.

Mak.by

Juste pour la blague, j’ai testé cette chaîne de fastfood, qui a remplacé McDo suite au retrait de l’enseigne.

Mis à part la capitale, j’ai également profité de mes quelques jours en Biélorussie pour visiter les châteaux de Niasvij et de Mir, situés dans la campagne à une centaine de kilomètres de Minsk. Une escapade sympathique pour sortir un peu de la capitale.

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